Budget 2025 : des députés partagés entre prudence et frustration
Des inquiétudes sur le financement des services essentiels et les choix économiques du gouvernement.
IJL – Réseau.Presse – L’Aquilon
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Le député Kieron Testart s'exprime à l'Assemblée législative sur le budget 2025, appelant à plus d'audace et de vision pour l'avenir économique des Territoires du Nord-Ouest. (Capture d'écran)
Le budget 2025-2026 des Territoires du Nord-Ouest, présenté par la ministre des Finances Caroline Wawzonek, a suscité des réactions diverses au sein de l’Assemblée législative. Si certains députés reconnaissent des éléments positifs dans ce budget marqué par la prudence, d’autres estiment qu’il manque d’ambition et ne répond pas aux priorités fixées par l’Assemblée.
Le député de Range Lake, Kieron Testart, a adopté un ton tranchant face au budget, soulignant un manque de cohérence entre les ambitions affichées et la réalité des dépenses. « Le gouvernement nous répète sans cesse qu’il n’y a pas d’argent pour nos priorités, qu’on est au bord du gouffre financier, et pourtant nous assistons à une augmentation des dépenses de 145,5 millions de dollars », a-t-il critiqué.
Selon M. Testart, le budget se contente du statuquo sans oser les changements nécessaires pour préparer l’avenir. Il plaide pour des réformes fiscales audacieuses afin d’attirer plus d’entreprises et de travailleurs dans le Nord, à l’image des iles Anglo-Normandes, qui ont su dynamiser leur économie en adoptant une fiscalité compétitive. « Nous devons apprendre des autres et arrêter de nous enfermer dans des politiques éculées. Les TNO ne doivent pas subir passivement la fin du cycle minier, mais se réinventer », a-t-il affirmé.
De son côté, Julian Morse, député de Frame Lake, a adopté une approche plus mesurée, tout en mettant en avant l’absence de vision à long terme du gouvernement. Il regrette notamment que le budget ne fixe pas d’objectifs clairs pour les priorités de l’Assemblée.
« Nous avons établi des priorités claires, comme le logement et la santé, mais nous ne voyons pas d’indicateurs concrets pour mesurer les progrès », a-t-il souligné.
Selon M. Morse, le gouvernement peine à mettre en œuvre des changements structurels et se contente d’apporter des ajustements mineurs. Il dénonce également une mauvaise gestion des finances publiques, avec des coupes budgétaires qui nuisent aux services essentiels. « Nous devons être les adultes dans la pièce et prendre des décisions difficiles, mais encore faut-il qu’elles aient un sens », a-t-il ajouté.
Le député de Tu Nedhe-Wiilideh, Richard Edjericon, s’est montré particulièrement critique envers l’absence de considération pour les petites communautés. « Je suis déçu, car ce budget ne reflète pas les besoins que j’ai soumis pour ma circonscription. Les petites communautés comptent, mais personne ne les écoute », a-t-il affirmé.
M. Edjericon déplore que ses demandes pour des améliorations des infrastructures locales, comme la construction d’une nouvelle école à Dettah ou d’un centre communautaire à N’Dilo, soient restées lettre morte. « Les fonds fédéraux représentent 76 % de notre budget, mais nous ne voyons pas cet argent être investi là où les besoins sont les plus criants », a-t-il ajouté.
Enfin, Robert Hawkins, député de Yellowknife Centre, a pointé du doigt le manque d’ambition du gouvernement en matière de développement économique. Il estime que le budget ne prévoit pas de mesures suffisantes pour stimuler l’investissement et créer des emplois. « Nous savons comment générer des revenus, comment faire de l’argent. Mais ce budget ne reflète aucune stratégie économique audacieuse », a-t-il noté.
Il plaide notamment pour une meilleure exploitation des ressources minières et énergétiques, tout en mettant en place des incitations fiscales pour attirer de nouvelles entreprises. M. Hawkins préconise aussi une meilleure gestion des finances publiques, citant comme exemple les dépenses excessives pour les logements des médecins en remplacement. « Plutôt que de dépenser 5,4 millions pour des logements temporaires, utilisons cet argent pour améliorer les conditions de travail des médecins et les inciter à rester », a-t-il proposé.
Ces premières réactions montrent un scepticisme marqué au sein de l’Assemblée, où plusieurs députés estiment que ce budget manque de vision et de transparence sur l’utilisation des fonds publics. D’autres réactions sont attendues dans les jours à venir, et le débat budgétaire risque d’être animé dans les prochaines semaines.
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