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le Vendredi 10 mars 2006 0:00 Éducation

Derrière les portes closes, les ministres

Derrière les portes closes, les ministres
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Tout ça s’est fait bien discrètement. Sans trop l’ébruiter, les treize ministres de l’Éducation du Canada se sont réunis cette semaine, à Yellowknife.

C’est sans tambour ni trompette que cette réunion du Conseil des ministres de l’Éducation du Canada (CMEC) s’est ouverte mardi dans la salle Katimavik de l’hôtel Explorer où l’on avait piqué pour l’occasion les drapeaux de chacune des provinces et chacun des territoires. Les discussions avaient lieu à huis clos et la réunion n’a pas été annoncée aux médias.

« Nous ne voulons pas mobiliser la presse pour ça », a expliqué timidement à L’Aquilon la coordonnatrice des communications du CMEC.

Pourtant il s’en est dit des choses intéressantes au Conseil des ministres de l’Éducation, le premier depuis l’élection du gouvernement conservateur de Stephen Harper. Selon le ministre de l’Éducation des TNO, Charles Dent, interviewé quelques minutes après la levée du huis clos, la rencontre a été « productive ».

Productive oui. Faisant suite à une demande formulée par le Conseil de la fédération, les ministres de l’Éducation ont décidé de réclamer de l’argent neuf à Ottawa pour l’éducation post-secondaire. Depuis 1994, le fédéral ne finance plus l’éducation post-secondaire, le gros des paiements de transferts (ou dans les territoires la formule de financement) étant destinés aux services sociaux et à la santé.

« Nous voulons que le gouvernement rétablisse le financement aux niveaux de 1994 », affirme Dent qui note que « un premier budget conservateur est attendu bientôt. »

Concrètement combien cela rapporterait-il aux TNO, advenant qu’Ottawa réponde favorablement aux doléances des ministres de l’Éducation? « Pas beaucoup », répond le ministre.

En 1994, des concepts tels que le financement à valeur ajoutée pour les territoires n’étaient pas aussi populaires qu’aujourd’hui. « J’ai soulevé ce point à mes collègues, soutient Dent. Nos besoins sont trop grands. Nous ne pouvons pas nous contenter de ça. »

Toujours dans le contexte du changement de gouvernement, les ministres de l’Éducation ont résolu de faire pression sur Ottawa contre le projet de loi C-60 qui modifie la Loi su la propriété intellectuelle. Ce projet de loi établis les barèmes du droit d’auteur pour les œuvres sur Internet. Selon les ministres la loi risque de priver les écoles à une masse d’informations qui circulent, pour l’instant, librement sur la vaste toile planétaire.

« Nous demandons à la ministre du Patrimoine de ne pas supporter cette loi. À l’époque ou Mme [Bev] Oda était critique de l’opposition, elles s’était opposé au projet de loi. Nous aimerions qu’elle maintienne cette position », indique le ministre Dent.

Autochtones

Autre point important à l’ordre du jour de cette réunion : l’éducation dans les communautés autochtones.

Concrètement, les ministres ont résolu de partager plus ouvertement leurs astuces de gestion en matière d’élaboration des programmes d’éducation autochtone.

Selon Charles Dent, les TNO sont très en avances sur leurs collègues du Sud dans ce domaine « Pour certains d’entre eux, c’est du nouveaux; pas pour nous. […] À plusieurs égards les juridictions du Sud peuvent apprendre de nous », dit-il. Selon lui, la plupart de ses collègues ne sont pas habitués à travailler avec les gouvernements autochtones.

À ce niveau-là, Dent n’indique pas la volonté de faire pression pour obtenir plus d’appuis du gouvernement fédéral. Mais il mentionne que le dossier sera référé au Conseil de la fédération.

Dans le cas de cette organisation, qui regroupe tous les premiers ministres territoriaux et provinciaux, pas de cachotteries : la prochaine réunion aura lieu en juillet, à St-John, Terre-Neuve.