Ça faisait longtemps qu’on l’attendait et puis, boum, le voilà. Leela Gilday a sorti un second album. Avec Sedzé l’auteur-compositeur-interprète de Yellowknife nous livre un travail plus mature que Spirit World, Solid Wood sorti en 2002 et qui avait valu à Leela Gilday un prix Aboriginal Music Awards.
Avec des arrangements léchés et parfois commerciaux, la chanteuse folk présente un album d’une légèreté apaisante qui s’écoute sans effort. Alors que l’album précédent était plus engagé, abordant des sujets comme l’empoisonnement des Déné de Port Radium ou la fierté de l’identité autochtone, Sedzé est davantage une ode à l’amour et à la paix. Le texte reste au second plan derrière la musique dont la voix puissante de Leela est le plus impressionnant instrument. Ce n’est pas une œuvre cérébrale, mais c’est un excellent disque pour écouter en faisant du ménage.
C’est aussi un disque plus dansant que le précédent. C’est peut-être parce qu’il a surtout été écrit en tournée. Veut veut pas, autant d’heures coincé en voiture ça donne envie de grouiller. On ne peut pas écouter des pièces comme « Time Rushes By ou « One Drum » sans balancer de la tête ou des pieds.
« Common goal » sonne presque ska ou reggae. « Avoid the Undertow » est un mélange astucieux de guitare acoustique et de musique électronique. « Myself » consacre la force du métissage (qu’incarnent déjà fort bien Leela et toute la smala Gilday) en mariant adroitement un violoncelle et un djembé. Maestro!
Et en écoutant ces accords improbables et pourtant harmonieux, on ne peut, nous aussi, qu’être emporté par la caresse apaisante de légèreté qui s’engouffre doucement entre nos oreilles.
