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le Vendredi 2 février 2007 0:00 Environnement

Le leurre juste: Les poissons du Nord (suite)

Le leurre juste: Les poissons du Nord (suite)
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Il y a deux semaines, je vous parlais de la truite grise et du grand brochet, ce sont évidemment les deux poissons les plus populaires du Nord, probablement du fait de leur grande taille. Nos eaux sont toutefois peuplées de bien d’autres espèces se prêtant bien au jeu halieutique. Aujourd’hui, je vous présenterai le doré et l’ombre commun, plus petits mais non moins intéressants.

Le doré jaune (pickerel, walleye)

Noms : doré, doré blanc, doré bleu

Le poisson de mon enfance, mon préféré avec la mouchetée, sa viande est la plus savoureuse de toutes à mon avis. Le doré n’est pas un grand poisson, on peut parler d’une très grosse prise autour de 40 à 50 cm. Il vit en eau fraîche (13 à 21 degrés Celsius) et à moins de 15 mètres de profondeur. Il affectionne les escarpements rocheux à proximité d’herbages abondants, les eaux turbides, les grandes rivières, les grandes baies et les petits lacs cachés.

Il se nourrit très majoritairement de poissons et de bestioles aquatiques telles que sangsues, écrevisses, limaces, petites couleuvres et salamandres, grenouilles et petits mammifères. (Y a-t-il des écrevisses, des salamandres et des grenouilles aux TNO?) Bref, il mange ce qu’il trouve et se nourrit peu d’insectes hors de l’eau. En eau turbide, le doré jaune s’alimente tout au long de la journée. Par contre en eau plus claire, étant donné la grande sensibilité de ses yeux à la lumière du jour, il se nourrit en zone peu profonde au lever et au coucher du soleil.

Pêcher le doré à la brunante, c’est ça le secret. Avec une dandinette jaune ou vert fluo, si vous êtes au bon endroit au bon moment, y a pas de raison de revenir bredouille. Pas trop grosse la dandinette, pas plus de ¼ oz pour la tête et trois pouces pour le corps. Les petites cuillers fonctionnent aussi mais elles coûtent cher à perdre dans les algues sans être plus efficaces. Vous pêchez à la mouche? Oubliez les sèches, allez-y avec un beau streamer bien brillant, jaune, vert, noir, blanc… À vous de trouver la combinaison gagnante!

*** Attention, sa nageoire dorsale est son principal mécanisme de défense et elle est très efficace, surtout contre les mains du pêcheur non averti. Ne le prenez jamais par le dos à moins d’avoirs de bons gants. Les fortes pointes de sa nageoire pénètrent la peau et vous laissent une douleur qui rappelle la dernière fois où vous avez mis la main sur un rond de poêle allumé!

L’ombre commun (Arctic Grayling)

Noms : ombre, ombre arctique

J’ai découvert l’ombre à mon arrivée à Yellowknife. Je savais qu’il était très prisé par les pêcheurs à la mouche, surtout en Europe mais j’en avais jamais vu un vrai, je ne pense pas qu’il soit très présent au Québec. Ici il est bien présent, pas de doute. Lui aussi il est petit, je pense que le record mondial se situe autour de 4 livres et des poussières. C’est un poisson d’une grande beauté. Des tons de rose et de bleu couvrent son corps mince. Son trait distinctif est bien sûr sa coiffe, une majestueuse nageoire dorsale dont la hauteur équivaut à peu près à la grosseur du poisson.

Il a grand besoin d’oxygène, c’est pourquoi on le retrouve presque exclusivement au bas des rapides et des chutes à fonds sablonneux. Il se nourrit surtout à la surface mais on le verra parfois fouiller le fond à la recherche de mollusques, de crevettes, de vers, d’insectes aquatiques, de larves aquatiques, etc. La pêche à la mouche est de loin la plus efficace mais une belle petite Mepps spinner (cuiller pivotante) fera l’affaire. L’ombre est toujours à l’affût. Il est vraiment dommage qu’il faille tuer plusieurs poissons pour faire un repas convenable, la viande de l’ombre est délicieuse. Sachez enfin que l’ombre se mange immédiatement après sa sortie de l’eau, une petite heure après sa mort et sa viande est déjà vieillie.

Bonne pêche!