le Jeudi 1 octobre 2026
le Mercredi 30 septembre 2026 7:00 Francophonie

Prix Jeanne Dubé 2026 : Diane Boudreau, la « marquise du recyclage », récompensée

Diane Boudreau a profité de la rentrée de la Maison Bleue pour exposer certaines de ses œuvres dans le cadre d’une exposition. — Archives Aline Essombe
Diane Boudreau a profité de la rentrée de la Maison Bleue pour exposer certaines de ses œuvres dans le cadre d’une exposition.
Archives Aline Essombe

C’est à l’occasion de son assemblée générale annuelle que la Fédération franco-ténoise (FFT) a remis son trophée communautaire à l’artiste francophone.

Prix Jeanne Dubé 2026 : Diane Boudreau, la « marquise du recyclage », récompensée
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À la suite d’un ordre du jour bien garni, la soirée de l’AGA de la FFT s’est conclue par la désormais traditionnelle remise du prix Jeanne Dubé. Et ce dernier a été l’occasion de reconnaitre, puis de récompenser une vingtaine d’années d’engagement de la part d’une figure de la francophonie. Après Jean de Dieu Tuyishime, ancien coordonnateur du Réseau TNO Santé, puis ancien directeur général de la FFT, en 2025, c’est donc Diane Boudreau qui a reçu une reconnaissance de la part de la Fédération cette année. 

Pour rappel, la récompense a été créée au début des années 1990 par la Fédération franco-ténoise (FFT), dans le but de récompenser les personnes qui font preuve de leur engagement et de leur implication dans la francophonie ténoise. 

L’artiste peintre Diane Boudreau a reçu le prix Jeanne Dubé, qui récompense l’engagement des citoyens dans la communauté francophone de la région

Aline Essombe

Plusieurs années de présence et d’engagement

Sophie Gauthier, présidente du conseil d’administration de l’organisme, a expliqué pour quelle raison il était important de souligner l’implication de l’artiste Diane Boudreau cette année : « C’est une personne qui aime donner, qui va essayer de connaitre les nouveaux arrivants, ou les personnes nouvellement arrivés à Yellowknife, pour les accueillir. Si tu as besoin d’aide, Diane est là pour t’aider. Elle va essayer d’établir des liens, une connexion. Pour bâtir une communauté, on a besoin de gens comme elle », a indiqué la présidente. Elle a ajouté que Diane Boudreau a été « exemplaire » au niveau de son implication dans la francophonie ténoise, en plus d’avoir été un « pilier » pour la collectivité : « Diane nous a apporté son expertise et son temps, à l’Association franco-culturelle de Yellowknife (AFCY), à la FFT, elle a continué ses heures de bénévolat, son implication dans différentes activités au cours des années », a appuyé la directrice du CA de la FFT. 

Diane Boudreau a siégé au conseil d’administration de l’AFCY, ainsi que sur celui de la FFT. Elle a contribué à l’établissement de nouveaux arrivant.e.s, entre autres participations à la vitalité de la francophonie en région : « Au début, j’étais dans tous les conseils d’administration pendant cinq ans. L’AFCY, la FFT et la Radio [Taïga] qu’on a démarrés dans les années 2000 et, pendant cinq ans, on a eus des rencontres comme ceux qui s’impliquent en conseil d’administration. Ensuite, j’ai laissé ma place à d’autres », s’est souvenue Diane Boudreau, en indiquant qu’il était tout à fait « naturel » pour elle de s’impliquer dans la communauté francophone, dès son arrivée dans la région. 

Pour bâtir une communauté, on a besoin de gens comme elle

— Sophie Gauthier, présidente du conseil d’administration de la Fédération Franco-Ténoise

Une artiste responsable

Diane Boudreau n’a pas fait que s’impliquer dans les instances politiques de la communauté francophone locale. La FFT a décrit son parcours en tant qu’artiste, indiquant que celle-ci s’est spécialisée dans la récupération de matériaux, ainsi que dans la création d’œuvres représentant des poissons et des oiseaux, ce qui est devenu sa marque de fabrique : « Pendant plus de vingt ans, elle a créé des milliers d’œuvres – plus de 1500 poissons, 1200 oiseaux et des centaines d’autres pièces », a dénombré la FFT dans un communiqué, tout en indiquant que l’approche artistique de Diane Boudreau a toujours été, par ailleurs, écoresponsable. 

Un hommage à la « marquise du recyclage »

Diane Boudreau s’est dite contente d’avoir été choisie cette année. « La marquise du recyclage », comme elle s’est désignée elle-même, a rappelé que son engagement a commencé il y a 26 ans : « C’est sûr que depuis 26 ans, j’ai ma fonction communautaire à ma mesure ou à ma démesure, mais j’y vais à ma mesure, donc je suis contente de l’avoir reçu, c’est certain, c’est à mon tour », a-t-elle d’abord indiqué. L’artiste a ensuite ajouté que s’impliquer dans la communauté lui a permis de développer un savoir-faire : « Pourquoi c’est important ? Pour toutes sortes de bonnes raisons. Plus on s’implique, plus ça nous dégourdie, nous donne une expertise de prendre des décisions, ça déniaise », a mentionné Diane Boudreau. 

L’artiste au mode de vie consciemment bohème a déclaré qu’elle compte continuer à vivre de son art. Elle dit avoir conservé son trophée bien au chaud, le temps de ses voyages en Colombie-Britannique, au Québec, et ailleurs, jusqu’à son retour à Yellowknife l’an prochain : « Je suis comme les goélands, je reviens toujours au mois d’avril, et depuis trois ans, je repars comme les goélands en immersion espagnole, puis la cabane à sucre au Québec en mars, et je reviens en avril. Il faut profiter pendant que je suis en santé, pour aller visiter les migrants et les migrantes de Yellowknife », a exprimé la peintre. Elle a indiqué avoir l’intention de continuer à s’impliquer dans son art, à travers le recyclage de contreplaqué, et le gardiennage de maisons qu’elle pratique depuis 2004 : « Je suis la marquise du recyclage, je vais continuer à recycler le contreplaqué, la peinture, j’ai mon diplôme, ça ne me fera pas graduer, je vais continuer comme avant, je suis contente », a-t-elle conclu, en saluant l’esprit d’entraide communautaire dont elle a toujours bénéficié depuis ses débuts.