Attention ! Ce livre peut mettre en danger votre vie familiale, amoureuse, votre santé et votre travail. Il peut créer des effets de dépendance et d’insomnie ravageurs. Si vous lisez les premières pages, vous vous collerez instantanément aux personnages, vous rêverez à eux, vous voudrez les retrouver à peine le livre fermé. Votre vie quotidienne sera transportée en Suède et vous aurez l’impression d’avoir une double vie. Millenium c’est une « Milleniumania » qui a frappé comme une tornade le monde soi-disant en récession des lecteurs : en 3 ans, plus de trois millions d’exemplaires vendus, traduits en 25 langues, 2000 pages de pur plaisir injecté à petites doses de suspens insoutenable et irrésistible à la fois.
Le héros s’appelle Mikael Blomkvist. C’est un journaliste d’enquête, charmeur, bourré d’éthique, très gentil, toujours très gentil avec tout le monde. Un côté parfois un peu agaçant mais on s’y laisse prendre parce qu’au fond, sa gentillesse, on aimerait tous l’avoir pareil. On aimerait bien prendre un café avec lui un matin, c’est le bon ami qui écoute et qui aide, c’est aussi un limier chevronné pour suivre une trace pour ses reportages et ses histoires sont tellement incroyables !
L’héroïne s’appelle Lisbeth Salander. Elle est punk, maigre, violente, asociale, fichée comme cas psychotique grave, mise sous tutelle à l’adolescence, d’une intelligence photographique remarquable mais que personne n’a jamais remarquée. Lisbeth, je l’ai adorée au fil des pages, cette jeune adulte hacker et génie de l’informatique, maltraitée mais féministe en mémoire de sa mère décédée pour avoir été battue. Elle est petite mais forte, douce en amour mais violente dans la haine, elle aime et elle déteste, elle se bat mais elle s’enfuit, elle est fille puis devient femme, elle est pauvre et se fait riche à millions.
Entre ces deux caractères humains que rien ne semblerait relier un jour, l’improbable se produit soudainement et leur relation va se mettre en place autour de la recherche d’information. Dès que leurs intentions se rencontrent, leurs chemins se rejoignent et là, le délicieux frisson de l’inconnu vous attrape par l’épiderme et ne vous lâche plus.
Cette trilogie compte trois volumes. Trois enquêtes qui nous plongent dans la société glauque de la Suède contemporaine. Les personnages sont confrontés successivement à la fraude économique, à la traite des femmes des pays de l’Europe de l’Est et à la police secrète nationale.
L’auteur, Stieg Larsson, était lui-même journaliste d’enquête. Je ne sais pas s’il avait le charme de Blomkvist mais il est devenu (post-mortem) aussi riche que Salander. Son œuvre a rapporté des millions de couronnes (monnaie suédoise). Sa fin ressemble à son roman, elle est incroyable mais vraie. En 2004, lorsqu’il a apporté son manuscrit à la maison d’édition, il a été accepté dès la première lecture. Bluffé le comité de lecture ! Scotché page après page, en manque de la suite du premier tome. Larsson fournit donc deux manuscrits pour les deux tomes suivants, et là il meurt d’une crise cardiaque. Or, dans le deuxième tome qu’il livrait, un journaliste est trouvé mort alors qu’il venait presque d’achever un livre qui devait être publié par Blomkvist. Il y a de ces coïncidences ! Comme le fait Blomkvist dans le roman, la maison d’édition décide de finir les manuscrits avec les notes de l’auteur. Le succès de la trilogie est fulgurant et rapporte une somme colossale à… un comité socialiste de travailleurs. Car, en juin 2008, un testament de l’auteur a été fortuitement retrouvé, sa dernière volonté étant de donner tout son argent à ce comité. Mais le président de cette cellule socialiste refuse le legs, argumentant que l’auteur laisse une compagne et qu’elle mérite de recevoir cet héritage. Mais la loi suédoise n’autorise pas les partenaires non mariés à hériter l’un de l’autre, la cellule des travailleurs socialistes critique publiquement cette loi désuète et demande un changement. Là-dessus, les fils légitimes de Larsson protestent. L’affaire est en cours, porteuse de rebondissements inattendus, exactement à l’image du roman.
