Mais qui se dessine derrière ces couleurs vives, ces animaux nordiques, ces personnages maquillés ou masqués ? Francine Fontaine laisse dans ses tableaux une partie d’elle, un souvenir, une image, un rêve qu’elle lui a fallu extérioriser. Bien trop dans son temps pour faire de l’Art brut, cette résidente de Yellowknife, livre une première exposition sans prétention qui a le mérite de piquer la curiosité du visiteur et d’afficher librement cette volonté de s’exprimer.
Les cinq pièces majeures parmi celles exposées ont été réalisées aux TNO, les deux autres provenant d’une période montréalaise de Mlle Fontaine. Si on ressent l’influence terne et urbaine de la mégapole québécoise sur ces deux dernières toiles, c’est l’espace, la démesure et la vitalité qui ressortent des peintures sur bois conçues à Yellowknife. « Je suis une fille colorée! Je ne sais pas comment faire sans mettre de la couleur, avoue Francine Fontaine. Peut-être il y a aussi un manque à gagner au niveau de la luminosité sous ces latitudes, mais en tout cas c’est la vie, c’est mes souvenirs, mes images, mes rêves. D’ailleurs, je rêve toujours en couleur. »
La démarche artistique de cette Franco-Ténoise du Manitoba est simple et directe : s’inspirer d’une image blottie en elle pour ensuite se laisser entraîner par son imagination et s’impose parfois des patrons pour lier toutes ces composantes entre-elles. « Ces toiles ont toutes été inspirées par quelque chose de vrai. Le point de départ, c’est quelque chose de vrai et après ça va où ça va », explique-t-elle.
« Beaucoup de gens me demandent ce que telle toile ou tel dessin représente. Ils veulent comprendre le sens de la peinture. Je réponds que c’est personnel, et que je n’ai pas vraiment de réponse à cela. Et parfois c’est vrai, il n’y a pas un sens à tout. » Francine Fontaine est reconnaissante envers l’Association franco-culturelle de Yellowknife qui lui donne cette opportunité d’exposer devant un public. Elle constate qu’elle ne s’est jamais donné le temps de cumuler plusieurs œuvres. Mis à part celles qui remplissent sa maison familiale, Francine Fontaine a toujours donné ses toiles, et c’est la première fois qu’elle en regroupe autant et qu’elle doit leur apposer un prix. « Ça me fait drôle, c’est comme si c’était un mur à potin et il faut que je sois prête à vendre ce qui faisait partie de moi. » Lors du vernissage de cette exposition qui durera un mois, Francine Fontaine a été surprise de vendre une toile. « Ce n’est pas celle que je pensais qui allait partir en premier. C’est la peinture qui porte la relation la plus difficile de ma vie. Je ne pensais pas que cela pût attirer des gens. »
