Un deuxième album pour une artiste indépendante, entrainante.
Dana Sipos vit dans le Nord et son inspiration en profite à foison. La jeune artiste de 27 ans s’est laissée chanter les saisons des territoires, s’est laissée danser les comportements de ses multiples personnages, s’est laissée écrire les amours septentrionaux. Deux ans après son premier opus, Dana Sipos est retournée au Yukon pour enregistrer son second volume dans le même studio, le Old Crow. Situé à Whitehorse, cet antre créateur est dirigé par Bob Hamilton, un producteur qui comprend sa musicalité. Une complicité avec laquelle elle voulait enrichir ses treize nouvelles chansons. « C’était une invitation au même style [que le premier album] car j’avais le même producteur, mais je pense vraiment que ce qui en a résulté est différent », commente Dana Sipos qui démontre qu’entre ses deux albums, elle a muri en tant que musicienne et auteure.
La couverture musicale qui enrobe Lay Of the Land est à la mesure de cet affinage artistique. Les cuivres résonnent des forêts, les violons émergents des lacs, les mandolines courent sur ces terres nordiques alors que le timbre reconnaissable de Dana Sipos conte des ballades tout aussi enlevantes.
« Je me sens chanceuse en tant qu’auteure-compositrice de vivre dans le Nord. D’être inspirée par ses saisons, la beauté du Nord et ses personnages. »
Non, pas des individus, mais de véritables personnes qui pourraient jouer leur vie, tout hors norme soit-elle. L’auditeur nordique qui a quelque image à associer au trémolo mélodique de Dana Sipos, ou celui qui découvre ces latitudes est en partance pour une rencontre. Il rencontre les résidents, leurs environnements et leur vocabulaire. Car qui dans la capitale ténoise ne parle pas de traversée en pagaie, de Woodyard, d’obscurité, de vent? Qui à Dawson City ne parle pas d’amour, de fonte de neige, de lisière des bois et de parka?
« Dans chaque chanson, il y a un lien avec ma vie personnelle. Il est évident sur quelques titres, mais reste mystérieux sur d’autres. C’est important. »
Lay of the Land dont le lancement a fait salle comble le 12 août dernier à Yellowknife, représente selon l’artiste, son hommage au Nord alors qu’elle se prépare à migrer vers l’Ontario ou elle poursuivra un diplôme orienté vers les arts. « Je vais définitivement rester concentrée sur la musique alors que je vais rencontrer d’autres musiciens et que je serais mieux placé pour faire des tournées à Montréal ou Toronto. De plus, je planifie continuer à composer de la musique et faire des albums. »
Dana Sipos dit qu’elle reviendra dans le Nord. Elle dit aussi qu’elle pourrait enregistrer une chanson en français, ou même tout un album avec du Kazoo. Elle peut bien dire ce qu’elle veut… car l’hiver ne l’attendra pas, mais l’écoutera chanter encore.
