Pat Kane et Jay Bulckaert vont photographier et filmer les activités sur la 50e Rue pendant un an afin de créer un documentaire et une exposition.
La 50e Rue, aussi appelée Range Street, de Yellowknife, est célèbre dans les environs pour son apparence douteuse et pour être le lieu privilégié de plusieurs sans-abris. Il est commun d’y retrouver bagarre, alcool et injures ainsi que des patrouilles de police. Toutefois, plusieurs y voient un lieu historique qui représente un patrimoine et un mode de vie parfois très difficile des gens du Nord.
Alors que le conseil municipal de Yellowknife prévoit acquérir plusieurs propriétés de la 50e Rue afin de favoriser le développement résidentiel à cet endroit, deux artistes du domaine de la photo et de la vidéo ont décidé d’entreprendre un projet visant à immortaliser ce bout d’histoire si souvent ignoré ou jugé. Le photographe Pat Kane et le cinéaste Jay Bulckaert travailleront durant un an à la réalisation d’une exposition photo et d’un documentaire représentant une tranche de vie de la petite communauté de Range Street. « Il y aura deux composantes au produit final, c’est une histoire imagée et un documentaire. Nous aimerions avoir un lieu où les photos seraient exposées, et pendant l’exposition, le documentaire serait présenté », explique Pat Kane. Le projet pourrait aussi être présenté lors du festival de films d’hiver, selon l’intérêt.
S’il est vrai que la ville compte apporter des changements sur Range Street au cours des prochains mois, les initiateurs du projet affirment que ce n’est pas les changements qu’ils comptent documenter, mais bien la vie des gens qui vivent ou passent leurs journées à cet endroit. « Si les changements se produisent, c’est un élément qui vient s’ajouter à l’histoire. Mais nous voulons vraiment que ce projet reflète une tranche de vie des gens qui sont présents sur Range Street. Nous voulons laisser la politique de côté le plus possible », indique M. Kane.
« Il ne faut pas oublier que n’importe quelle initiative municipale prend du temps. Nous ne croyons donc pas que cela va influer sur notre projet, du moins, pas au début. Ce projet ne porte pas sur le conseil municipal, il porte sur les gens de Range Street , ajoute Jay Bulckaert. Nous voulons capturer l’histoire de l’endroit et ce qu’il représente. C’est une histoire des gens du Nord qui n’a jamais été documentée. »
Le produit final montrera autant les bons que les mauvais côtés de ce qui se déroule sur cette rue. Bien que de montrer les mauvais côtés puisse alimenter les préjugés sociaux qui existent déjà à l’égard de cet endroit, Pat Kane croit que de montrer tous les aspects de ce lieu est la meilleure façon de raconter l’histoire de ceux qui vivent la réalité de la 50e Rue. « C’est au public de décider quelle opinion il a de cette rue, dit-il. Nous allons monter un portrait complet de la situation sans préjugé ou angle prédéterminé. À la fin du projet, si les images montrent un endroit horrible, nous serons satisfaits du projet, et si les images montrent un paradis sur terre, nous serons aussi satisfaits. Selon moi, ce sera un mélange des deux et les gens seront tout aussi indécis que présentement. Nous voulons simplement montrer la réalité. »
Jusqu’à présent, les deux artistes n’ont pas eu de problèmes à faire accepter leur projet par les gens de cette rue. Ils expliquent que les opinions sur l’endroit diffèrent d’une personne à l’autre et donc, que les gens ont aussi différentes opinions par rapport au projet. « Nous n’avons aucun doute que des situations difficiles vont arriver. C’est pour cela que nous essayons de nous intégrer à leur milieu tranquillement. C’est important pour nous qu’ils sachent que nous ne sommes pas là pour filmer des gens ivres. Nous n’avons pas l’intention de rire des gens de cette rue ou de leur manquer de respect. Ce n’est pas le but du projet », souligne Jay Bulckaert.
