Les familles francophones qui s’établissent dans le Nord ont le choix d’inscrire leurs enfants dans les écoles en français ou en anglais. Un choix dont la Commission scolaire francophone des TNO est en quelque sorte tributaire.
Quelques jours avant la rentrée des élèves à l’école Allain St-Cyr, la directrice Yvonne Careen avait mentionné à L’Aquilon sa déception en face de la décision de certains parents francophones d’inscrire leurs enfants dans des écoles anglophones.
« Il est certain que la situation me dérange, mais je ne peux rien y faire, ce sont des choix personnels. Ce qui me dérange encore plus c’est que les familles de militaires francophones arrivées à Yellowknife ont toutes choisi d’inscrire leurs enfants dans d’autres écoles que la nôtre », disait-elle au début du mois de septembre.
Mme Careen a également souligné, à ce moment, sa volonté de présenter son école aux familles de militaires.
Le rôle de la CSF
Jusqu’à quel point la Commission scolaire francophone des TNO a son mot à dire dans la situation?
« Nous n’avons pas de contrôle là-dessus. Quand les gens arrivent dans les TNO, qu’ils soient francophones ou ayants droit, c’est leur décision d’inscrire leurs enfants dans une école en particulier. Ils ont peut-être des raisons pour lesquelles ils choisissent d’aller du côté anglophone », explique la directrice de la CSF, Marie Leblanc-Warick.
Malgré la déception évidente de la commission scolaire et de la direction d’Allain St-Cyr, la situation est plutôt sans issue. Bien sûr, des trousses d’informations sont distribuées et de la publicité est faite, mais les ressources restent plutôt limitées.
« Nous ne pouvons pas nous permettre de faire de grandes campagnes publicitaires. Un système de notre grandeur n’a pas l’argent pour ce genre de chose. Aussi notre publicité est ciblée, nous n’annonçons pas à n’importe qui. Nous misons plutôt sur le bouche-à-oreille », affirme Mme Leblanc-Warick.
Politique d’admission équitable
La décision de la Cour en juin dernier a toutefois favorisé l’arrivée de nouveaux élèves dans les écoles de la Commission scolaire francophone. La directrice n’a pas voulu confirmer le nombre d’élèves qui ont pu s’inscrire suivant la politique d’admission.
« Aucune des deux écoles n’a gagné une dizaine d’élèves, on parle de quelques élèves seulement », précise-t-elle. Le processus d’évaluation des demandes d’admission n’est toutefois pas complété, les commissaires responsables entendent toujours les demandes. Mme Leblanc-Warick assure par contre que la politique d’admission est la même pour Allain St-Cyr que l’école Boréale, il n’y a donc pas une école plus avantagée que l’autre en terme d’inscriptions.
Protéger sa langue
Dans les dernières semaines, l’Association des parents ayant droits de Yellowknife (APADY) ainsi que la direction de l’école Allain St-Cyr ont rencontré les familles militaires de la capitale ténoise. Un premier pas pour remédier à la situation qualifiée de décevante par les francophones. Le président de l’APADY, Marc Bilodeau, semble avoir trouvé une explication au fait que les familles francophones aient inscrit leurs enfants dans des écoles anglophones.
« Les parents veulent envoyer leurs enfants dans des écoles anglophones pour qu’ils apprennent l’anglais », affirme-t-il.
Ce que les familles francophones ne réalisent pas, selon lui, c’est que leurs jeunes apprendront facilement l’anglais dans la communauté qui les entoure.
« Dans les écoles anglophones, il n’y a pas de suivi en français, pas de grammaire enseignée au même niveau qu’à Allain St-Cyr », mentionne M. Bilodeau.
L’information encore et toujours
Le président de l’APADY est d’accord sur ce point : il faut que les familles militaires soient davantage informées de leur option en français quand elles s’installent dans les Territoires du Nord-Ouest. Pour ce faire, la communauté franco-ténoise doit prendre contact avec ces familles dès leur arrivée.
« Le meilleur outil pour les convaincre de fréquenter les écoles francophones est d’offrir de l’information. On doit montrer comment les gens vivent dans le Nord, en français », confirme Marc Bilodeau.
Déjà, l’APADY a participé à l’organisation de rencontres destinées aux familles militaires de Yellowknife. M. Bilodeau, lui-même membre des Forces armées canadiennes, a grandement aidé à établir un contact avec les nouveaux arrivants. Père de trois enfants, il se considère chanceux d’avoir été mis au courant de l’existence d’une communauté francophone à son arrivée.
« L’important, c’est que les enfants gardent leur langue française », martèle Marc Bilodeau.
