La classe de 10e année de PWK en immersion française continue le projet nommé « 200 tambours ».
C’est durant l’année 2016-2017 que Paul Boucher, un Déné de Fort Resolution et professeur spécialisé en langue autochtone chipewyan, a amorcé le projet « 200 tambours » à l’école secondaire Paul W. Keaser de Fort Smith. Le but principal était de faire connaître le tambour traditionnel déné aux élèves et que chacun d’entre eux retourne à la maison avec son propre tambour. Cette année, l’expérience continue et, selon monsieur Boucher, déjà la moitié des instruments sont terminés.
La classe de 10e année d’Alexandra McDonald en immersion française a été la première à reprendre la conception du tambour dans la semaine du 6 novembre. Chaque étudiant a reçu, pour la base, un cadre rond en bouleau, un arbre qu’on retrouve en abondance sur le territoire déné, et de la babiche. La peau de caribou a été remplacée par de la peau de cerf provenant du Sud, car des restrictions sont maintenant en vigueur afin de protéger les populations de caribous. Comme les peaux ont dû être trempées dans l’eau pour être assemblées au cadre et prendront quelques jours à sécher, les jeunes concevront pendant ce temps leurs propres baguettes faites de bouleau. L’assemblage a semblé facile pour les participants, qui ont aimé travailler avec leurs mains et les matériaux naturels.
« C’est vraiment intéressant, je me sens privilégiée d’avoir un prof pour nous montrer à fabriquer un objet traditionnel. C’est important, parce que la culture dénée est partout autour de nous », affirme Hannah Porter, une étudiante native de Fort Smith.
Sa professeure d’immersion s’exprime dans le même sens. « Je pense que c’est un bon moyen pour les jeunes de voir la culture qui est autour de nous à Fort Smith. Et ça donne aux élèves une opportunité de faire partie de cette dernière, parce que c’est un exercice pratique où ils ont la chance de poser leurs questions à un enseignant issu de cette culture. C’est aussi un partage culturel nécessaire pour se souvenir des cultures qui étaient ici en premier. »
Partager un cadeau
Paul Boucher, quant à lui, est honoré de pouvoir partager ses connaissances avec les prochaines générations. « Il y a trois ans, j’ai eu cette idée. Je souhaitais vraiment plonger les jeunes dans la culture, leur partager quelque chose de significatif pour les Dénés. »
Comme pour plusieurs nations au Canada et à travers le monde, monsieur Boucher explique que le tambour est un outil spirituel inestimable. « Ce qu’on m’a appris, c’est que, pour la Nation dénée, cet instrument est un cadeau offert par le Créateur. Quand on a besoin de prier, on prie avec le tambour, et le son s’élève jusqu’au Créateur. Nous avons donc reçu ce cadeau pour pouvoir préserver cette connexion avec le “Grand Esprit”, comme on dit. »
L’une des raisons qui ont inspiré le professeur à présenter le tambour traditionnel aux jeunes était qu’ils auraient en leur possession un outil qui les aiderait à passer au travers des moments difficiles. « Ils auront quelque chose pour les soulager lorsqu’ils seront stressés, en colère ou dépressifs. J’espère que le tambour pourra élever leur âme, comme les Dénés le disent. »
Les tambours sont utilisés par les Dénés pour prier chez soi, pour se libérer des énergies négatives, et, bien sûr, dans plusieurs cérémonies traditionnelles, comme Feeding the fire au printemps, qui célèbre la vie et le renouveau, ou encore lors d’événements sportifs pour encourager les nouvelles générations de joueurs.
Comme il s’agit aussi d’un instrument musical, monsieur Boucher voudrait enseigner aux étudiants quelques chansons traditionnelles. Il ajoute : « Les aînés m’ont souvent dit que chaque nouveau tambour possède une nouvelle chanson. Alors, j’espère que les jeunes en joueront et qu’une chanson viendra avec ça, que le tambour fera vibrer leur esprit. »
Les élèves de la classe de 10e année ont très hâte d’essayer leurs tambours conçus de leurs propres mains et Paul Boucher espère pouvoir achever le projet d’ici la fin de l’année scolaire 2017-2018, afin d’organiser une grande cérémonie avec les élèves et leurs créations uniques. « Chaque tambour est personnalisé par l’étudiant, dit-il. Il y a quelque chose dans le tambour avec laquelle ils connectent tous. Lorsqu’ils connectent avec ça, ça veut dire que mon travail est fait. »
