La musique classique à la période baroque enracine ses axes de développement dans la péninsule italienne, et en même temps qu’elle prend de l’ampleur au royaume de France, elle se développe chez les peuples germaniques qui habitent le nord de l’Europe. Ces peuples sont gouvernés par des duchés et sept princes-électeurs qui se réunissent dans le collège électoral pour élire l’empereur du Saint Empire Romain germanique. Parmi les territoires de cet empire, la ville Halle-sur-Saale était la capitale de Brandebourg-Prusse gouvernée par Frédéric II de Brandebourg. Dans cette ville, en 1875, nait Georg Friedrich Händel, un des plus grands compositeurs du baroque (la même année de naissance que Domenico Scarlatti et Jean-Sébastien Bach), dans la même région où Georg Philip Telemann était né quatre ans auparavant.
Georg Friedrich Händel passe son enfance à Halle inspiré par une multi dimensionnalité sonore : de la rivière Saale, des commerçants et miniers des mines du sel, des sons de cloches de l’église Liebfrauenkirche où une chorale polyphonique et un grand orgue accompagnent les célébrations religieuses luthériennes (église à laquelle appartiennent ses parents). L’ambiance est rythmée par le martelage des feuilles de cuivre et d’étain de l’atelier de son père qui était dinandier.
Lorsque Händel a sept ans, il devient apprenti de musique auprès de Friedrich Wilhelm Zachow, organiste de Liebfranuenkirche (église Notre-Dame) musicien et connaisseur du développement de la musique en Europe. Il avait été formé à Leipzig et maitrise plusieurs instruments : l’orgue, le clavecin, la viole et le hautbois, instruments que Haendel joue sous sa tutelle lorsqu’il a neuf ans. Zachow lui montre l’écriture musicale en lui enseignant des fugues, des contrepoints, de cantates et hymnes dans les styles italiens et germaniques, le tout, en lui donnant la tâche de copier et recopier des partitions musicales composées par plusieurs compositeurs, dont des compositions d’Arcangelo Corelli.
C’est à cette période d’apprentissage que Händel développe son art dans la composition musicale en composant la musique pour les services religieux de son église. En 1702, il s’inscrit au département des arts et lettres de l’Université de Halle et échange connaissances et méthodes avec Telemann, devenu directeur de l’orchestre municipal de l’opéra de Leibnitz. Cette relation va influencer fortement sa carrière et la composition de son premier opéra, Almira.
