Avis aux amateurs de sorties musicales et de soirées de danse, Cristian de la Luna est l’artiste invité par l’Association franco-culturelle de Yellowknife pour se produire sur les planches du 25e festival du Snowking. Il sera le 5 mars à Hay River et le 6 mars à Yellowknife dans le château de neige pour faire vibrer les festivaliers sur des rythmes latins qui sauront certainement réchauffer l’espace et les corps sur place.
C’est un mélange de cumbia, de samba, de funk et de rock que présenteront Cristian de la Luna et ses musiciens. Avec son propre bagage culturel de musique latino-américaine, il « essaye de faire bouger et danser le monde ». Le chanteur, qui est déjà venu entre les murs blancs du château avec un autre projet, se souvient qu’il y fait froid… Et espère que le mercure dans l’enceinte s’élèvera au-delà des -15 °C expérimentés la dernière fois.
Lors de l’entrevue accordée à Batiste Foisy sur les ondes de Radio Taïga, le chanteur raconte un peu son parcours de vie et son lien à la culture francophone. De la Colombie au Saguenay et de Jonquière à Edmonton, ce dernier n’a pas une feuille de route banale. Lorsqu’il est débarqué à Jonquière, à l’adolescence, il y a une vingtaine d’années, il ne parlait pas un mot français. L’école lui a servi d’immersion dans sa langue d’accueil, langue dans laquelle il vit maintenant en partie, à Edmonton, avec sa famille. Lui qui venait s’installer en Alberta, entre autres, pour apprendre l’anglais, se trouve tout de même chanceux de pouvoir continuer à vivre en français dans l’ouest du pays.
« Le fait d’avoir conservé la langue – de parler français – est une richesse énorme que j’ai la chance de pouvoir partager même avec les anglophones ici, et avec mes enfants aussi… À la maison, on parle en espagnol, mais mes enfants vont à l’école en français. C’est super cool de pouvoir s’enrichir avec une autre culture ; le mélange des cultures est très important », confie Cristian de la Luna.
Le chanteur compose ses chansons dans sa langue maternelle et sa langue d’adoption. À quel moment la transition dans l’écriture s’est-elle effectuée, entre l’espagnol et le français ?
L’artiste raconte. Après la Colombie, le choc entre la nostalgie de sa culture et la joie d’en découvrir une autre l’a poussé à écrire ses premières chansons. Lorsqu’il a quitté le Saguenay pour l’Alberta, ça a été un peu la même position.
« J’ai été poussé à écrire en français par cette nostalgie de quitter ma communauté francophone et de me retrouver dans une communauté anglophone. »
D’ateliers d’écriture en concours de chansons, il a développé le gout et le plaisir d’écrire en français. Il a d’ailleurs remporté le concours Polyfonik, qui l’a mené au Chant’Ouest de Victoria en 2013 et, plus récemment, le prix décerné au meilleur album de musique latine de l’année aux Edmonton Music Awards en juin 2018.
Pour définir sa musique, Cristian de la Luna, explique que l’« on a tendance à beaucoup encadrer les choses et les personnes par des noms, des étiquettes. Juste dans le partage, on enlève ces étiquettes-là et on devient des humains ».
Dans le partage, on devient des humains. La musique est le « terrain commun » par excellence pour échanger, être ensemble, avoir du plaisir. Un lieu où l’on peut tous se retrouver, qu’importe notre histoire et notre origine culturelle. La musique amène la danse et la danse amène les gens à se rassembler. Il s’agit simplement de « se servir de la musique comme véhicule pour mettre les gens ensemble et s’amuser. »
Une communauté qui danse est une communauté qui est ensemble et donc plus forte et en santé, nous dit encore Cristian de la Luna.
Sur les planches gelées Portrait d’un artisan du soleil
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