Une quarantaine de chercheurs, de gens d’affaires et de consultants ont débattu les propositions du ministère des Affaires indiennes et du Nord lors de la première des trois journées d’ateliers concernant la mine d’or Giant mercredi dernier à Yellowknife. Les ateliers prendront fin le 24 juin.
Les propositions présentées serviront a formuler une stratégie pour éliminer ou entreposer les quelques 260 000 tonnes de trioxyde d’arsenic enfouis dans une quinzaine d’alvéoles souterraines. Outre les spécialistes, le public a également pu formuler des questions et soumettre des propositions aux ateliers.
Parmi les solutions qui seront examinées, on note l’entreposage souterrain, la solidification de l’arsenic, la décantation à haute température, la sublimation, la filtration avec de l’eau chaude, la filtration biologique et une proposition d’une entreprise privée. De plus, les spécialistes ont pu reformuler quelques phrases contenues dans les documents ministériels.
Les organisateurs des ateliers ont admis que des mesures concretes seront prises d’ici les quatre prochaines années et que le nettoyage du site pourrait prendre une cinquantaine d’années, ce qui n’a pas tardé à susciter des ripostes de la part de critiques. C’est facile de proposer un horaire de 50 ans. Nous ne serons plus ici dans 50 ans, a souligné John Dutrizac de CANMET. Selon lui, il serait préférable d’élaborer une stratégie basée sur un calendrier plus précis.
Les déboires de la Royal Oak Mines, ancien propriétaire de la mine, ont également attiré des commentaires. La mine est actuellement sous le contrôle de Price Waterhouse Coopers, désignée titulaire lors d’un jugement le printemps dernier.
On ne pense pas vendre les biens de la Royal Oak en bloc mais bel et bien par fragments. Autrement, on ne serait pas très réalistes, a expliqué Richard Edwards, représentant de la Price Waterhouse Coopers. Cependant, il a admis que des acheteurs se sont montrés intéressés par le projet de la mine.
Ce n’est que le 24 juin que le public pourra connaître toutes les propositions soumises lors des ateliers consultatifs. En attendant, des documents sont accessibles au sein d’un kiosque d’information fourni par les organisateurs des ateliers.
Jusqu’à ce jour, le gouvernement fédéral a déboursé plus d’un million de dollars pour s’informer sur les moyens à prendre pour manipuler le trioxyde d’arsenic, selon Dave Nutter, conseiller exécutif au ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien. Les coûts augmenteront lorsque des mesures concrètes seront prises.
L’arsénopyrite, le rocher à l’intérieur duquel se trouve l’or convoité par les compagnies minières, recèle de l’arsenic qui n’est pas nuisible pour la santé. C’est en séparant l’or de l’arsénopyrite à l’intérieur d’un four de grillage que l’on retrouve le résidu toxique de trioxyde d’arsenic.