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le Vendredi 25 mai 2001 0:00 Environnement

Mélange explosif Dernier rapport sur les déversements

Mélange explosif Dernier rapport sur les déversements
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La Spill Line a sonné plus que jamais en 2000, faisant grimper le nombre de détection de déversements aux Territoires du Nord-Ouest à 239, comparativement à 132 en 1999. Mais bien que ce cumulatif révélé par le dernier rapport du ministère des Ressources, de la Faune et du Développement économique pour l’année 2000 puisse paraître élevé, le nombre de litres déversés a diminué considérablement. Ce qui démontre une plus grande sensibilisation du public et des efforts concertés des compagnies face aux dangers des déversements, comme l’indique le directeur du Service de la protection de l’environnement, Emery Paquin.

« On constate une diminution année après année du volume des produits déversés, car les compagnies réagissent plus rapidement et possèdent un meilleur équipement pour assurer le nettoyage. »

Ce sont les secteurs miniers et pétroliers qui sont en majeure partie responsables des déversements, ayant causé plus de la moitié d’entre eux, une hausse par rapport à 1999. L’augmentation des explorations gazières dans la région du Deh Cho explique cette mauvaise performance de la part de l’industrie pétrolifère, passant de 21 % du nombre total de déversements en 1999 à 30 % en 2000.

Un peu plus de la moitié des écoulements (52 %) sont survenus dans la région Slave Nord, contre 22 % pour la région de Deh Cho, 13 % pour Inuvik, 7 % pour le Sahtu et 6 % pour la région de Slave Sud. Les huiles combustibles, comprenant le diesel et les huiles à chauffage, sont les substances qui ont le plus coulé à flot, comptant pour 39 % des déversements. Le rapport indique que ces accidents sont dus principalement aux fuites de réservoirs et de tuyaux, et aux débordements. La nature même du composant pèse toutefois plus dans la balance que la quantité déversée. L’endroit où survient l’accident est révélateur des conséquences qui en découle. « Une petite quantité de pétrole dans un lac est plus dommageable pour l’environnement et la santé des êtres humains qu’une grande quantité déversée dans un parc de stockage de pétrole, qui est entouré d’un drain », explique Emery Paquin.

Chaque substance est assortie d’un seuil minimal d’écoulement, déterminé par rapport à la toxicité de la matière, qui, si dépassé, doit immédiatement être rapporté aux instances gouvernementales. En deçà de cette limite, le déversement n’est ni rapporté ni compilé. « Par exemple, indique Emery Paquin, pour le pétrole, il s’agit de 100 litres, contre n’importe laquelle quantité pour le gaz propane. »

Les compagnies exploitant des composants toxiques doivent se munir d’un plan d’intervention, qui comprend la détection, le nettoyage, l’entraînement des employés et l’acquisition d’équipement spécialisé pour l’assainissement des zones contaminées. Dans le cas où la compagnie se libérerait de toute responsabilité, des poursuites judiciaires peuvent être engagées. Une entreprise qui est responsable de quelques déversements est également surveillée de près par le gouvernement.

« Certaines compagnies ne rapportent pas les déversements qu’elles ont causés, indique Emery Paquin, tout comme un certain nombre indéterminé de déversements n’est tout simplement pas détecté par la population ». Le directeur indique toutefois que, globalement, les entreprises ont réalisé de meilleures performances que les années précédentes.