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le Vendredi 26 avril 2002 0:00 Environnement

Prendre le vélo Changements climatiques

Prendre le vélo Changements climatiques
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« Faire sécher mon linge dehors durant l’été » ou « apprendre à faire du skate board » sont les idées de génie des jeunes étudiants des T.N.-O. qui en ont appris un peu plus sur le réchauffement planétaire lors de la semaine nationale de la faune, du 10 au 13 avril dernier. Jennifer Dallman, d’Arctic Energy Alliance (AEA), a calmement répété qu’il vaut mieux marcher deux coins de rue plutôt que de prendre la voiture. « Je leur explique que c’est correct d’aller au Wall-Mart en voiture, mais qu’ils peuvent prendre leurs jambes ou le vélo pour aller chez leurs amis du quartier. »

Cette initiative nationale a été récupérée ici par le ministère des Ressources, de la Faune et du Développement économique, en collaboration avec AEA et Ecology North. Une petite salle au centre-ville a accueilli jeunes et moins jeunes qui ont testé leurs connaissances sur les changements climatiques et les impacts de la ratification du protocole de Kyoto. Pour la plupart, il faut revenir à la base. « Les mentalités changent, mais c’est difficile de les faire changer », raconte Jennifer Dallman.

Le Nord est particulièrement sensible aux changements de climat car, selon Jennifer Dallman, ces modifications sont amplifiées aux pôles. « La communauté de Tuktoyaktuk fait face au problème de l’érosion, souligne-t-elle. Un jour, cette portion de terre pourrait se retrouver dans l’océan. » Les ours polaires sont très sensibles à la fonte de la glace de mer, car cette plate-forme leur permet de chasser le phoque. Celui-ci utilise ces zones pour se reproduire et nourrir ses rejetons. Selon une étude publiée en 1993 par des chercheurs de l’Université de l’Alberta, la prolongation de la période estivale peut provoquer un stress chez l’ours polaire qui ne pourra pas se nourrir normalement. Ses réserves de graisses ne seront donc pas suffisantes pour affronter l’hiver. L’être humain sera alors confronté à une augmentation de l’interaction avec le mammifère qui, affamé, sera attiré par les déchets des communautés.

« Nous devons analyser l’animal et son habitat avant de déterminer si le changement climatique l’affecte », signale Raymond Bourget, agent de la faune à RFDÉ. Il rappelle que pour l’instant, tout est prédiction. « Si la saison estivale est plus longue, l’ours grizzli aura plus de nourriture et sera plus gras. Mais peut-être que le caribou ne pourra s’adapter à ce changement, ce qui modifiera l’alimentation de l’ours et ainsi de suite. »

Les gouvernements tirent de la patte dans le dossier du protocole de Kyoto, mais Jennifer Dallman estime que c’est avec un mouvement social que les dirigeants vont emboîter le pas. « Ça ne viendra pas des gouvernements du Canada ou des États-Unis, mais de la masse de la population. » Le gouvernement libéral de Jean Chrétien est dans l’eau chaude avec ce document, qui devait être ratifié en 2002. Les libéraux ont battu en retraite dernièrement, remettant la signature à une date ultérieure.

Le gouvernement des T.N.-O., même s’il a affirmé dernièrement par la voix de son premier ministre que ce protocole doit être ratifié dans les plus bref délais, n’a pas encore approuvé la Stratégie sur les gaz à effets de serre des T.N.-O. élaborée par RFDÉ. Publiée en 2001 après trois années de recherche, cette mesure vise à réduire ces gaz qui sont en partie responsables du réchauffement planétaire. Trois sont particulièrement visés par le protocole, car ils sont directement associés aux activités humaines. Le dioxyde de carbone (CO2) est libéré par la combustion de combustibles fossiles. Le méthane se retrouve en grandes quantités dans les terrains de décharge, les rizières et les pâturages à bovins. L’oxyde nitreux est rejeté dans l’atmosphère avec l’utilisation de fertilisants en agriculture.

Le protocole de Kyoto est entré en vigueur en 1997. Il prévoit une diminution des émissions globales de gaz à effet de serre de 5,2 % d’ici 2010. Une trentaine de pays l’ont signé, mais pas le Canada et les États-Unis. Le ministre de l’Environnement du Canada, David Anderson, a plaidé la semaine dernière, lors de la rencontre des ministres de l’environnement des pays du G8 en Alberta, pour un allègement de la quantité de gaz à effets de serre que le Canada doit éliminer. Il estime que le Canada aide déjà l’environnement en exportant du gaz naturel et de l’électricité plus propre vers les États-Unis.