le Vendredi 29 août 2025
le Vendredi 31 mai 2002 0:00 Environnement

La forêt… après le feu

La forêt… après le feu
00:00 00:00

Plus de 80 jeunes se sont rendus au lac Tibbit, la semaine dernière, pour étudier la régénération de la forêt qui a brûlé en 1998.

Divisés en quatre groupes, des élèves des écoles Saint-Patrick et Sir John Franklin ont étudié la succession des végétaux après un feu de forêt, les connaissances traditionnelles des Dénés, les communautés d’oiseaux dans les régions incendiées et non-incendiées, la qualité de l’eau et les espèces invertébrées que l’on y retrouve, ainsi que les champignons et les lichens. Chacune de ces activités nécessitait une demi-journée de travail.

Pour plusieurs de ces jeunes, dont la plupart sont âgés de 16 et 17 ans, il s’agissait aussi d’une première expérience de camping en forêt. « On leur offre la chance de s’organiser et de camper pendant deux jours », de signaler Suzanne Carrière, biologiste de la faune au ministère des Ressources, de la Faune et du Développement économique. Une expérience que les jeunes semblent aussi apprécier, malgré le froid, la neige et la pluie du milieu de la semaine dernière.

Ce séjour en forêt pour étudier la régénération de la forêt après un incendie implique plusieurs organismes. Le ministère des Ressources, de la Faune et du Développement économique, le ministère des Affaires indiennes et du Nord, Environnement Canada, l’escadron de sauvetage 440 des Forces armées canadiennes et plusieurs autres organismes privés ou publics y ont participé. Des étudiants en enseignement et en faune du Collège Aurora étaient aussi sur place dans le cadre de leur programme.

Le contenu du camp s’inscrit dans le cadre des programmes de sciences des étudiants. Pour Julie Lemay, enseignante à l’école Saint-Patrick, amener les jeunes dans la forêt aide à assimiler la matière. « Les élèves acquièrent plus de connaissances au sujet de l’environnement et des méthodes scientifiques et ils semblent vraiment aimer l’expérience », remarque-t-elle. Les étudiants sont même responsables d’organiser leur propre repas, ce qui constitue un défi pour certains. Qu’à cela ne tienne, pour ceux qui auraient omis de prévoir une repas, l’escadron 440 a des réserves… juste au cas.

L’activité au lac Tibbit en est à sa quatrième année. Déjà, la régénération de la forêt y a commencé. « Les petits arbres sont maintenant assez grands pour qu’on les étiquette. Les jeunes ne sont pas habitués de voir des arbres aussi petits, alors il faut vraiment leur montrer à quoi ça ressemble et ils font vraiment attention pour ne pas marcher dessus, car ce sont de futurs arbres. Ce qui les impressionne le plus, c’est le potentiel de la forêt. Tout est en train de repousser, mais les arbres ne sont pas plus hauts qu’un pied », d’expliquer Mme Carrière.

Dans un environnement comme celui que l’on retrouve dans la région de Yellowknife, une forêt peut prendre de 200 à 250 avant d’atteindre sa complète maturité. « Dans la région, les forêts matures ou très matures sont très rares. Je pourrais dire sans me tromper que chaque section de forêt autour de Yellowknife a brûlé au moins 60 fois depuis que les glaciers sont partis », d’ajouter la biologiste.

Même très près de la capitale, celle-ci remarque des sections de forêts qui ont déjà été incendiées dans le passé. « Il y a eu des feux de forêt il n’y a pas si longtemps. Peut-être l’équivalent d’une vie humaine ou une vie humaine et demie », dit-elle en ajoutant que les incendies et les repousses sont continuelles dans la région.

L’incendie de 1998, au lac Tibbit, a été causé par la foudre. Dans les Territoires du Nord-Ouest, Mme Carrière estime à environ 80 % la proportion d’incendies déclenchés par les orages. « À mesure qu’on se dirige vers le Sud, cette proportion baisse à 60 % », souligne-t-elle.

L’activité de la semaine dernière a d’ailleurs été une occasion d’entraînement pour les équipes de combat des incendies de forêt des T.N.-O. En effet, lorsqu’un incendie se déclenche, ceux-ci ont a établir rapidement un campement à proximité pour l’intervention. Or, les troupes de combattant du feu ont monté cinq tentes de type prospecteur pour abriter les jeunes et l’aînée Helen Tobie, présente pour enseigner les connaissances traditionnelles dénées aux étudiants.