Leur nom en latin, aedes, signifie « désagréable » . Pour plusieurs habitants du Nord, les maringouins portent bien leur nom. Mais peu savent qu’ils aiment bien le froid.
Les glaces libèrent tranquillement les lacs et rivières depuis à peine quelques semaines. Pour le simple observateur, le printemps frais et la saison estivale tardive sont synonymes de nappes d’eau moins fertiles en œufs de maringouins. Plusieurs se réjouissent, croyant que ces insectes aiment le temps chaud et humide. Les amateurs de plein air se voient déjà en forêt, peu embêtés par ces bestioles affamées.
Et bien qu’ils se détrompent! Parmi les quelque 25 à 30 espèces de maringouins aux Territoires du Nord-Ouest, la plus commune, celle qui a donné au Nord sa réputation de territoire très infesté, adore le temps frais. C’est ce que prétend Andrew Apple John, probablement le seul entomologiste, ou spécialiste des insectes, du Nord. « Le aedes hexodontus passe l’hiver sous forme ovoïde. Dès que le dégel commence et que des nappes d’eau se forment sur le bord des lacs et rivières, les œufs éclosent et les larves se développent très rapidement. »
Ces nids de moustiques se propagent le long de la ligne des arbres, où des nappes d’eau stagnantes les accueillent. Il ne suffit que de quelques jours de température plus chaude et des nuages de moustiques se forment. « Le temps frais du printemps est l’idéal pour ce type de moustique car l’eau ne s’évapore pas. »
L’entomologiste, qui vit à Inuvik, explique que chaque espèce a besoin de conditions particulières pour survivre et se reproduire. « Certaines espèces passent leur hiver sous forme d’œuf, ou de larve, ou sont à maturité. »
Le aedes hexodontus se retrouve un peu partout au Canada, mais est en plus forte concentration dans le Nord.