Je n’avais pas du tout l’intention d’écrire sur la température, mais alors pas du tout. Cependant, ayant rencontré bon nombre de personnes qui me posaient des questions, me faisaient des commentaires et allaient même jusqu’à me demander si j’allais écrire un article à propos de la température, je me suis dit que c’était là un signe, qu’il fallait que je me magne, si vous me passez l’expression, et que je m’exprime encore une fois sur le temps qu’il fait.
Comme plusieurs de vous le savent, ça fait déjà belle lurette que j’habite ici dans le Nord, assez longtemps pour avoir vu défiler plusieurs saisons, plusieurs étés, entre autres. Eh bien! Vous me croirez si vous le voulez, mais jamais, mais alors là jamais, je n’ai vu un été pourri comme cette année. J’ai beau essayer de fouiller dans ma petite mémoire qui tient plutôt de celle de l’éléphant que de la tête de linotte, jamais, au grand jamais on a eu autant de pluie, autant de temps frais, pour ne pas dire froid, depuis toutes ces années que je profite de l’été ici. Combien de fois n’ai-je répondu à qui me demandait pourquoi je ne voyageais pas à l’extérieur des T.N.-O. en été que c’était parce que la température était tellement belle ici que je voulais profiter pleinement de ce que la nature m’offrait et pourquoi ne pas couper l’hiver si long en prenant alors mes vacances? Je me rends compte que tout cela est bien beau, et que la logique du raisonnement se tient, pourvu qu’on ait un bel été. Donnez-nous un été comme nous en avons un présentement, et tout s’écroule. Il n’y a plus de logique qui tienne. Comme la majorité des gens prennent leurs vacances en été, il y a qui, l’hiver prochain, vont trouver le temps long! Comment réussir à survivre les longs hivers rudes et habités par l’obscurité si l’été n’a pas été là pour les en préparer? Non, je ne veux pas vous faire peur, non, je ne veux pas créer un sentiment de manque. Mais qu’on le veuille ou pas, c’est le genre d’été qu’on a.
Bien sûr, rien n’est parfait. J’ai vu des étés dont la température était parfaite, mais tellement secs que les feux de forêt passaient l’été avec nous. Le soleil était voilé. Les oiseaux ne chantaient pratiquement plus, désorientés par le phénomène. Il y a déjà eu un été où il a fait si chaud, que les ventilateurs ont disparu de sur les tablettes comme par magie. Panne sèche de ventilateurs! Yellowknife avait été pendant une semaine l’endroit le plus chaud au Canada! Le croirait-on à vivre l’été qu’on a présentement?
Cela va de soi qu’on pense que le tout est relié… aux changements climatiques qui s’opèrent depuis quelque temps sur la planète. On voit des étés d’une chaleur insupportable, digne des canicules de l’Inde, dans l’est du Canada et ici, au Nord, on gèle et les hivers n’en finissent plus de finir. On voit des déluges et des inondations jamais égalées de mémoire…de statistiques. L’Europe est envahie par les eaux. Notre petite misère est tout de même bien insignifiante par rapport à d’autres. Mais il faut bien se plaindre, c’est bien connu. Ça fait du bien…en fin relativement! Ça permet d’évacuer un trop plein. Et j’ai comme l’impression que les choses n’en sont pas rendues à leur paroxysme. En effet, ne nous annonce-t-on pas le retour en force d’El Nino (incapable de trouver le foutu tilde de ce n espagnol. Pardonnez-moi!). Bref, la chanson de Plume va reprendre du poil de la bête (ou de la plume de l’oiseau) avec le retour d’El….! Et on a peut-être pas fini d’y goûter. On n’a qu’à bien se tenir l’hiver prochain. Mais non, ce sont des blagues! Ne vous inquiétez pas outre mesure. On a déjà tellement de choses réelles pour lesquelles s’inquiéter, sans chercher à le faire pour celles qui n’existent pas encore! Profitez tout de même de l’absence de neige, si je peux m’exprimer ainsi, et bonne fin d’été. Je suis certaine que les plus grandes chaleurs de l’été restent à venir. On va se baigner la fin de semaine de la Fête du travail. Vous pariez?