Au son de sa voix, on peut l’imaginer très douce. Mais ça ne l’empêche pas d’être déterminée et réfléchie.
Déjà la rentrée, et les enfants francophones de Hay River sont en classe, bien sage, ou presque. Pour quelques-uns d’entre eux, les plus petits, un nouveau visage se penchera sur eux pour leur expliquer le difficile alphabet et le sens des mots. Michèle Pulvermacher est « un petit peu nerveuse, probablement autant que les jeunes. » La relève de l’école francophone de Hay River arrive optimiste dans la communauté pour prendre d’assaut la classe de 1ère et 2e année. « Enseigner en français dans un contexte minoritaire est un défi intéressant. Le but est plus difficile à atteindre, mais quant on l’atteint, c’est plus délicieux. »
La Fransaskoise ne débarque pourtant pas en terres inconnues. Élevée à Bruno, une petite communauté de la Saskatchewan, située près de Saskatoon, elle a grandi à cheval entre deux cultures, le Québec du côté maternel et la Saskatchewan du côté paternel. Le français minoritaire, elle connaît. « Ma mère était parfois sévère. Les enfants parlaient seulement le français à la maison. Mon père a appris la langue pour qu’on puisse la parler à la maison. »
Telle mère, telle fille ? L’enseignante ne se définit pas comme sévère. Plutôt comme une justicière des relations de classe. « J’essaie de rejoindre les jeunes en leur parlant comme des adultes et de négocier si nécessaire. Je délimite ce qui est OK de ce qui ne l’est pas. » Puis, elle réfléchit et ajoute : « Je crois que ce que je veux dire, c’est que j’essaie d’être juste, pas plus ou moins sévère, mais juste. »
Elle semble bien réfléchie, cette enseignante qui a cumulé sept années d’expérience dans les écoles de sa province natale. C’est pour changer de contexte et d’environnement qu’elle est venue aux Territoires du Nord-Ouest, non sans bien avoir préparé son arrivée. Son mari est venu le premier jeter un coup d’œil au mois de mars. Elle a emboîté le pas en avril. Une visite surprise qui lui a permis de se familiariser avec les lieux, l’école, la communauté.
Ce que les étudiants de Michèle ne savent peut-être pas, c’est qu’ils seront également enseignants pour leur professeur. « Ce qui me motive le plus, c’est l’échange, surtout apprendre avec eux, ça c’est un plaisir. » Michèle n’est pas loin de la vocation quand elle affirme que la plus belle des leçons que les enfants font aux adultes est « le plaisir, la curiosité, la joie qui sont toujours là, que l’enfant soit en première ou en douzième année. »