Laisser tourner le moteur quand vous aller faire des courses nuit à l’environnement, à la santé et à votre portefeuille, selon Ecology North.
Si, comme prévu, le pro tocole de Kyoto est ratifié d’ici la fin de l’année, chaque Canadien devra diminuer ses propres émissions de gaz à effet de serre. La bonne vieille habitude de laisser tourner au ralenti le moteur d’un véhicule plusieurs minutes avant de l’utiliser pourrait, dorénavant, être reléguée aux oubliettes. Pour accélérer le processus, les groupes écologistes Ecology North et Arctic Energy Alliance ont lancé une campagne anti « marche au ralenti » le 4 novembre dernier.
Difficile, par contre, de convaincre les automobilistes de l’Arctique canadien, qui affrontent des températures de l’ordre de – 30 degrés. Pour plusieurs, un moteur de voiture doit être bien réchauffé avant de fonctionner, autrement la mécanique risque d’en prendre un coup. Selon les brochures distribuées par Ecology North, rien n’est plus faux. « Ce que nous essayons de dire aux gens, c’est qu’ils n’ont pas besoin de faire tourner le moteur aussi longtemps qu’ils le croient, estime Doug Ritchie, du groupe écologiste. S’ils utilisent une combinaison de plusieurs choses, comme l’utilisation de chauffe-bloc et une conduite lente au départ, nous pouvons réduire le temps de marche au ralenti. »
Selon une lettre de Ford du Canada envoyé au groupe, les moteurs d’aujourd’hui ne se réchauffent pas de façon significative lors de la marche au ralenti et n’ont pas besoin d’une grande chaleur interne pour fonctionner correctement. Ces informations sont également reprises sur le site Web de Ressources naturelles Canada, qui a lancé, le 7 novembre dernier, une vaste campagne nationale anti « marche au ralenti » visant les camions lourds. Madeleine Middleton, agente du programme Écoflotte, estime que si chaque Canadien réduisait de cinq minutes par jour sa marche au ralenti, 1,9 million de litres de carburant seraient économisés, ce qui équivaut à plus de 1,3 millions de dollars. « Ça aurait un impact significatif, car les engins diesels émettent, pour chaque litre de carburant, 2,7 kilogrammes de CO2 dans l’atmosphère. » Jusqu’à maintenant, 18 relais routiers au pays ont emboîté le pas vers la diminution de la marche au ralenti.
Ecology North estime que l’argument de la santé est celui qui fera changer les habitudes. « Non seulement ça permet d’économiser de l’argent, non seulement c’est probablement meilleur pour le moteur, mais c’est probablement meilleur pour la santé », explique Doug Ritchie.
Selon les informations du site Web de Ressources naturelles Canada, le smog des grandes villes est surtout attribué aux échappements des véhicules. Les contaminants dans l’air sont également responsables des problèmes respiratoires. Santé Canada estime que chaque année, plus de 5000 Canadiens meurent prématurément en raison de la pollution de l’air.
Le ministère des Ressources naturelles estime, de son côté, que l’argument monétaire sera celui qui fera bouger les automobilistes. « Dans la mesure du possible, on veut tous sauver un peu de sous. En fermant le moteur, on arrête de brûler du gaz et on conserve notre consommation de carburant. »
Ecology North prévoit demander au conseil de ville de Yellowknife, d’ici la fin du mois de novembre, de mesurer, sur une base quotidienne, la qualité de l’air de Yellowknife. « Nous croyons que notre air est correct parce que nous vivons dans une petite ville, indique Doug Ritchie. Mais la réalité est que cet air peut ne pas être aussi bon qu’on le croit. » La demande d’une politique et la création de secteurs anti « marche au ralenti » aux abords des zones récréatives sont également au menu des actions initiées par le groupe écologiste. Une campagne publicitaire est en branle et le groupe approchera les écoles et les commissions scolaires, pour qu’ils suivent le mouvement. « Les enfants sont, en particulier, affectés par les problèmes de santé découlant de la pollution. »