le Vendredi 29 août 2025
le Vendredi 2 mai 2003 0:00 Environnement

Semaine de la Terre Protéger avant qu’il ne soit trop tard

Semaine de la Terre Protéger avant qu’il ne soit trop tard
00:00 00:00

De par sa nature fragile, l’environnement a besoin de temps pour se régénérer. Avec la construction éventuelle d’un pipeline dans la vallée du Mackenzie, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNPC) est sur le qui-vive. Mieux vaut prévenir que guérir, tel est le principe qui motive beaucoup de groupes environnementaux à aller de l’avant pour protéger l’environnement avant que les bouteurs et pelles mécaniques ne le prennent d’assaut. Le bureau de Yellowknife de la SNPC, fondé en 1996, est l’un des chiens de garde de l’environnement aux Territoires du Nord-Ouest.

Le développement économique promet emplois et bénéfices aux gens du Nord. Le revers de la médaille, par contre, n’est pas aussi rose. « Le but du développement économique est d’améliorer les conditions de vie de la population, mais en même temps, il faut s’assurer que ce développement ne va pas détruire ou endommager l’environnement qui profite à cette population, estime le directeur de la conservation de la SNPC, Greg Yeoman. Il faut maximiser les bénéfices du développement, tout en maintenant un environnement sain et équilibré. »

Ce discours est diffusé depuis un bout de temps par le bureau ténois de la société à but non lucratif. À l’automne dernier, le ministre fédéral des Ressources naturelles, Herb Dhaliwal, a évoqué la possibilité que le processus d’examen réglementaire puisse être écourté de six mois, ce qui n’a pas plu du tout aux groupes environnementaux. En voulant accélérer la construction du pipeline, les élus et l’industrie risquent de placer sur la corde raide le fragile équilibre de l’écosystème. « On ne peut pas mettre de côté la protection de l’environnement alors qu’on se lance dans des projets de cette envergure, affirme Greg Yeoman, parce que nous savons qu’un jour, le pipeline sera vide. Si nous endommageons l’environnement, vers quoi allons-nous nous tourner ? », questionne-t-il.

La transformation du territoire ténois ne se fait pas qu’au détriment de l’environnement. Les revendications territoriales et les négociations portant sur l’autonomie gouvernementale placent sur la sellette la protection du territoire pour les générations futures. Depuis moins d’un an, deux nouveaux territoires ont été mis sous la tutelle de la Stratégie territoriale des zones protégées. Le territoire Edéhzhíe, situé à l’ouest du Grand lac des Esclaves et au nord du fleuve MacKenzie, représente 25 000 kilomètres carrés de terres mises à l’abri de tout projet de développement jusqu’en 2007. Un moratoire de cinq ans a également été obtenu, le 17 avril dernier, sur une portion du territoire du Deh Cho. « Les Premières Nations du Deh Cho ont délimité un réseau de zones écologiques et culturelles, ce qui est unique au Canada », estime le directeur de la conservation.

Les négociations avec les communautés autochtones ouvrent, par ailleurs, une nouvelle fenêtre sur la protection de l’environnement. Traditionnellement liés à la terre, les Autochtones ont une conception différente de leur environnement. « Ça facilite notre travail, car les gens comprennent l’importance de l’environnement et le besoin de le protéger, raconte Greg Yeoman. Les aînés le soulignent dans toutes les communautés. Il y a beaucoup de connaissances, au sein des communautés, sur le territoire. Celles-ci ont besoin de connaître le processus pour protéger l’environnement. »

La Stratégie des zones protégées des TNO, mise sur pied en 1999, est, selon SNPC, un pas dans la bonne direction. Le véritable test, par contre, ne se fera qu’au cours des prochaines années, lorsque les impacts des projets de développement économique seront mieux connus. « Nous espérons que le gouvernement a à cœur l’environnement. Le ministre des Ressources, de la Faune et du Développement économique, Jim Antoine, a dit que la stratégie territoriale était une priorité. C’est ce que nous verrons », mentionne Greg Yeoman.

Les Territoires du Nord-Ouest compte environ une douzaine de zones protégées et de parcs nationaux et territoriaux. D’autres projets sont également en cours. Parcs Canada veut conclure une entente avec la communauté de Lutsel’ Ke, pour établir un parc national dans le bras est du Grand lac des Esclaves d’ici 2004.

Proclamé Jour de la Terre, le 22 avril est célébré dans plus de 180 pays.