le Samedi 30 août 2025
le Vendredi 9 mai 2003 0:00 Éducation

École Allain St-Cyr De nombreux départs

École Allain St-Cyr De nombreux départs
00:00 00:00

La directrice de l’école Allain St-Cyr, Lucille Leclerc, cèdera sa place à une autre personne pour l’année scolaire 2003-2004, alors que cinq autres enseignants ont annoncé qu’ils ne seraient pas de retour au poste non plus. Selon Mme Leclerc, alors que certaines personnes partent pour des raisons personnelles ou pour poursuivre leur projet de vie, d’autres partent à cause « d’un manque d’encadrement » de la part de la Commission scolaire.

Selon elle, certains enseignants se sont plaints des délais trop longs lorsque des demandes étaient adressées à la Commission scolaire francophone de division. « Par exemple, ce peut être pour des contrats, des échelles de salaire, des lettres de référence. C’est toujours très long et les enseignants en ont assez de toujours demander, puis d’avoir à attendre. C’est un manque de structure à la Commission scolaire, il y aurait des choses à modifier là-dedans », de signaler la directrice.

La Commission scolaire et la communauté elle-même ne sont pas, non plus, étrangères au départ de Mme Leclerc, qui compte maintenant profiter d’une année de retraite et de voyage. « J’ai trouvé cette année très difficile. Il y avait un climat malsain au niveau de la population francophone », dit-elle.

Mme Leclerc croit qu’il y a aussi des problèmes au niveau de la structure de la Commission scolaire. « J’ai trouvé ça très difficile. Je ne suis pas habituée à travailler de cette façon-là. J’ai été habituée à fonctionner avec une structure. Auparavant, je savais à quelle heure et à quelle journée j’avais une réunion. Tout était décidé en début d’année. Si jamais il y avait un contretemps, on le savait immédiatement et c’est comme ça que j’ai été habituée à fonctionner. Quand on demandait des choses à notre Commission scolaire, la réponse ne se faisait pas attendre, on avait une réponse dans les délais normaux », explique-t-elle.

De son côté, le président de la Commission scolaire, Jean-François Pitre, préfère ne pas commenter les propos de Lucille Leclerc. « C’est la première fois que j’en entend parler », a-t-il dit, mentionnant qu’il trouvait dommage que la question n’ait pas été abordée avec lui auparavant. « Si c’est le cas, qu’on en parle et s’il faut des réunions spéciales, on en fera », dit-il, mentionnant que la seule communication officielle ayant eu lieu entre la CSFD et les enseignants était une lettre, déposée lors de la réunion du conseil du 19 février dernier. Cette lettre dénonçait le manque d’espace à l’école Allain St-Cyr.

Jean-François Pitre considère que le roulement d’enseignants n’est pas un fait nouveau dans l’histoire de l’école Allain St-Cyr. « Ça fait huit ans que j’oeuvre dans ce milieu et c’est comme ça pratiquemment chaque année. Je pense que c’est notre cinquième ou sixième directeur et on a eu des années où il ne restait qu’un seul enseignant. C’est cyclique. En fait, on a été chanceux que beaucoup de gens soient restés durant les deux dernières années », explique-t-il.

Le président de la Commission scolaire entend aussi effectuer des entrevues de départ avec les enseignants démissionnaires. « Je pense que c’est obligatoire, avec le système territorial. Il y a des choses qu’il faut faire, et aussi des choses que nous apprenons. Je sais qu’il y en a qui aimeraient que les choses se fassent plus rapidement, mais nous attendons des réponses et certaines n’arrivent pas assez vite », dit-il.

L’autoévaluation de la CSFD n’est pas exclue des plans du président. « Nous sommes constamment à nous réévaluer. On ne peut pas dire que nous fonctionnons de la seule manière possible. On vient juste de commencer. Il s’agit de notre première année complète, puisque l’année passée, nous avions commencé en novembre. De plus, nous n’avons pas de base et je ne suis pas convaincu que YK1 et YK2 soient les meilleurs modèles. Notre situation n’est peut-être pas idéale, mais nous ne faisons pas si mal, compte-tenu de notre grosseur », d’ajouter Jean-François Pitre.

Du côté des deux associations de parents, le nombre de départs d’enseignants soulève l’inquiétude. « Lors de la réunion d’information du 29 avril, les parents membres de l’Association des parents francophones de Yellowknife (APFY) ont fait part de leurs inquiétudes. Nous espérons que la CSFD demandera les raisons de leur départ aux enseignants », de mentionner la présidente de l’APFY, Diane Marsh. Cette dernière demande à la CSFD d’avoir un plan d’action énergique pour l’embauche des nouveaux enseignants et que l’embauche se fasse « le plus vite possible ».

« Nous sommes aussi tristes de voir partir Mme Leclerc. Encore plus si c’est pour des raisons qui auraient pu être évitées », de commenter Mme Marsh sur le départ de la directrice. Cependant, Diane Marsh croit que si la CSFD comble les postes avant la fin de l’année, tous ces départs n’auront pas d’impact sur les inscriptions à l’école.

Du côté de l’Association des parents ayants droit de Yellow-knife (APADY), on se dit aussi « inquiets » de la situation. La présidente, Yvonne Careen, demande également à ce que des entrevues de départ soient effectuées. « Nous savons que des gens doivent quitter et c’est naturel et normal, mais je me demande pourquoi d’autres partent. S’il y a d’autres raisons, il faudrait remédier à la situation », dit-elle.

Cette dernière comprend aussi les déclarations de Lucille Leclerc. « Je sais qu’être directrice n’est pas facile. Quand tu arrives dans une communauté que tu ne connais pas et que c’est dans une situation minoritaire que tu ne connais pas non plus, oui, c’est difficile. Et nous sommes à un point où la structure de l’école Allain St-Cyr ne fait plus. Je pense que c’est le gros dilemme. Nous voulons tous la même chose, mais pas nécessairement de la même façon », d’expliquer Yvonne Careen, qui croit qu’il est temps, pour tout le monde, « d’être franc les uns avec les autres ».