le Samedi 30 août 2025
le Vendredi 12 septembre 2003 0:00 Environnement

L’automne est à nos portes!

L’automne est à nos portes!
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Alors que nous avons bien profité de la température qui s’offre à nous et que nous avons quasiment l’impression que c’est encore l’été, et ce l’est, nous sentons un petit air d’automne s’installer tranquillement et surtout, nous voyons la lumière changer. Et quand je parle de lumière, je ne parle pas uniquement des jours qui raccourcissent, mais bien de la luminosité propre à l’automne qui remplit le coeur d’une douce bouffée d’air frais. Eh bien oui, c’est vrai, l’automne s’en vient. Quand vous recevrez ce journal, il ne restera plus qu’une petite dizaine de jours dans l’été officiel, mais l’été officieux aura bien foutu le camp, malheureusement. Mais il s’agit bien là d’un ordre irréversible que nous aimons bien, dans le fond.

Cette année, on peut vraiment se vanter d’avoir une fin d’été… début d’automne exceptionnels. Normalement, à ce temps-ci de l’année, il pleut beaucoup plus et les jardiniers surveillent avec anxiété les gelées au sol. Cette année, c’est agréable et on a envie et envie d’être dehors pour retarder le moment où l’hiver va nous obliger à une retraite pas vraiment désirée.

Chaque automne, je ne peux m’empêcher de penser à mon arrivée ici, aux Territoires du Nord-Ouest, à ma venue ici, à Yellowknife, et au temps qu’il faisait cette année-là.

Ceux qui croient que la pénurie de logements est grave présentement, ils ont bien raison, mais ce n’est rien à comparer à celle qui sévissait en 1990. Nous avons cherché et cherché et nous nous sommes résolus à demeurer au camping jusqu’à sa fermeture. J’avais déjà commencé à travailler et de devais mettre le linge que je porterais le lendemain sur un semblant de corde à linge pour qu’il ne soit pas trop froissé. Au réveil, ce linge était recouvert de frimas. Si on avait de l’eau chaude pour prendre notre douche, il fallait laisser le moteur de la voiture tourner (ou, si vous aimez mieux, laisser virer le char), car sinon, les cheveux nous glaçaient sur la tête, et ce n’est pas une figure de style. En plus, il pleuvait tellement, qu’il n’était pas question de manger là-bas. Il fallait donc se précipiter au resto. Le nôtre s’appelait le Miner’s Mess, endroit bien connu des gens qui sont ici depuis longtemps et qui constituait toute un volet de l’histoire de Yellowknife. Mais le progrès est arrivé et on l’a rasé pour le remplacer par… le bout du Centre Square. Bref, il fallait se précipiter au resto pour prendre un café bien mérité avant d’aller au boulot.

Par contre, notre vie au camping nous situait aux premières loges pour admirer les aurores boréales, qui, vous l’aurez bien remarqué, sont loin d’être banales ici. Pas étonnant que les Japonais arrivent par avions complets pour admirer ce phénomène de la nature tellement impressionnant ici. Encore une fois, je croyais avoir tout vu en ce domaine, car je viens du Lac Saint-Jean et les aurores boréales y sont bien présentes et font partie de notre vie dès notre tendre enfance. Mais en arrivant ici, j’ai compris que le titre prétentieux de capitale mondiale des aurores boréales n’était pas prétentieux du tout, tout compte fait. Les mois d’août et de septembre sont probablement les deux mois les plus agréables pour observer ces rideaux dansants. Les mois de janvier et de février nous offrent également des spectacles absolument féériques mais le froid mordant ne nous incite pas à demeurer à l’extérieur très longtemps. Nous sommes vraiment dans une période faste pour observer le phénomène et il faut bien en profiter. Et vous aurez du Mars en prime, et je ne parle pas de chocolat, si vous me passez cette blague un peu c….

Ici, l’hiver arrive vite. La transition se fait rapidement entre l’été, l’automne et l’hiver. L’automne est très court et rapidement, l’hiver s’installe, long, impitoyable, froid et bien nordique. Oui c’est sec, mais oui c’est long. C’est vrai qu’on gèle moins que dans les endroits humides, mais ça ne suffit pas pour nous faire croire que l’hiver est tellement plus facile. Mais je m’aventure sur un terrain glissant et surtout, je m’aventure avant le temps. Je devrais me contenter de vous vendre le magnifique et court automne que nous avons ici. C’est le temps où jamais d’emmagasiner du soleil, de la vitamine C et tutti quanti. En effet, le 20 ou 21 septembre (je n’ai pas vérifié), les jours compteront 12 heures de clarté et 12 heures de noirceur, d’où leur nom d’équinoxe. Puis, la noirceur s’installera rapidement. Mais ça aussi, c’est l’objet d’un autre article, plus tard, bien plus tard. En attendant, comme je venais de vous le suggérer, sortez dehors. Allez respirer ce bon air. C’est ce que je m’empresse de faire. À la prochaine et bon automne. Bonne rentrée aux enfants. C’est tellement le fun, le début d’année scolaire. Je m’ennuie de ça. Et ça, c’est aussi l’automne.