L’entrée du Centre de la petite enfance La Tanière, nouvelle garderie francophone de la CSFTNO au centre-ville de Yellowknife.
La Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest (CSFTNO) a procédé lundi dernier à l’inauguration officielle du Centre de la petite enfance La Tanière, au 5102, 53e Rue, à Yellowknife. Dès le 12 janvier, le centre a accueilli ses premiers enfants, ouvrant un nouveau chapitre pour les services de petite enfance francophones dans la capitale territoriale.
Un environnement rassurant
Dès l’entrée dans la maison, entièrement rénovée pour devenir un centre éducatif, l’atmosphère chaleureuse est immédiatement perceptible. Les murs fraichement peints d’un bleu ciel dégagent une impression de calme et de clarté. L’éclairage, abondant et doux, accentue le sentiment d’espace et de propreté. Le mobilier neuf, les salles aménagées pour les tout-petits et la disposition soignée des lieux donnent immédiatement l’impression d’un environnement pensé avec rigueur et bienveillance. On sent qu’il s’agit d’un lieu conçu pour rassurer autant les enfants que les parents.
L’ouverture se fait de façon progressive. Dans un premier temps, La Tanière accueille deux groupes d’enfants, âgés de 19 à 24 mois et de 25 à 36 mois. D’ici deux à trois semaines, un troisième groupe devrait s’ajouter afin de répondre à la demande. Au maximim de sa capacité, le centre pourra recevoir jusqu’à 25 enfants âgés de 19 à 42 mois.
La réalité de la rénovation est tout autre que ce qu’on s’imagine au début.
Yvonne Careen, consultante à la CSFTNO, et Elsa Nanji, gestionnaire du Centre de la petite enfance La Tanière, dans l’une des salles du nouveau centre, inauguré le 12 janvier à Yellowknife.
Un besoin devenu urgent
Si cette ouverture était attendue, c’est que la pénurie de places en garderie francophone pesait depuis longtemps sur la communauté. « Quand on a commencé le processus, il existait une liste d’attente assez importante pour des places », rappelle Yvonne Careen, consultante à la CSFTNO et ancienne directrice générale. La situation était telle que, selon elle, certaines familles francophones « quittaient carrément la ville », faute de solutions pour leurs enfants.
Ce constat a enclenché un projet qui s’est étendu sur environ 18 mois. La CSFTNO a dû composer avec une série d’exigences règlementaires provenant de multiples instances : petite enfance, prévention incendie, santé environnementale, Ville de Yellowknife et ministère de l’Éducation. À cela se sont ajoutés des problèmes structurels découverts dans la fondation de l’immeuble et d’importants retards de livraison du mobilier spécialisé, ce qui a repoussé l’ouverture initialement prévue au début janvier.
« La réalité de la rénovation est tout autre que ce qu’on s’imagine au début », résume Mme Careen. Malgré ces contraintes, elle souligne que le gouvernement territorial est demeuré à l’écoute et a fourni le financement nécessaire pour permettre au projet d’aboutir.
Une ouverture par étapes
Le centre a démarré avec sept inscriptions confirmées et quatre enfants présents dès la première journée. Le remplissage s’effectuera graduellement au fil des prochaines semaines, notamment avec l’arrivée annoncée de nouvelles familles à Yellowknife au cours des mois de février et mars. Pour l’instant, l’équipe sur place compte quatre éducateurs et une superviseure, d’autres éducatrices devant être transférées depuis l’école Allain Saint-Cyr à mesure que de nouveaux groupes ouvriront.
Gestionnaire du centre, Elsa Nanji insiste sur l’importance du contact direct avec les parents. « Les parents, avant de prendre la décision finale, ont besoin de voir l’espace dans lequel leur enfant va être accueilli et va grandir », explique-t-elle, annonçant la tenue prochaine de journées portes ouvertes.
Le nom même du centre traduit cette philosophie. « La tanière, c’est comme un cocon, un endroit chaud, un endroit sécuritaire où ils peuvent grandir et s’épanouir », décrit Mme Nanji.
Pour la CSFTNO, l’ouverture de La Tanière représente bien plus qu’un nouveau bâtiment : elle répond à une urgence communautaire et vient consolider, concrètement, les bases de la francophonie à Yellowknife.
Un projet à l’étude pour Hay River
À peine La Tanière ouverte à Yellowknife, la Commission scolaire francophone des Territoires du Nord-Ouest se tourne déjà vers Hay River, où aucun service de garde francophone n’existe actuellement. La question est à l’étude depuis plusieurs années et revient maintenant à l’avant-plan.
« C’est la prochaine étape », confirme Yvonne Careen, qui précise que le conseil d’administration de la commission scolaire travaille activement sur le dossier. Des démarches préliminaires ont déjà été entreprises, notamment des discussions avec des propriétaires de terrains et l’examen de l’espace disponible sur le site de l’école Boréale.
Avant de déposer une demande officielle de financement au ministère de l’Éducation, la CSFTNO devra trancher sur le format du futur centre : rénovation d’une maison, installation de modules spécialisés ou construction préfabriquée sur le terrain de l’école. « Une décision doit être prise avant la fin février », dit Mme Careen, rappelant que la demande est bien réelle et documentée depuis longtemps au sein de la communauté francophone locale.
