Contemporain de Jean-Sébastien Bach et maîtrisant, comme lui, les méthodes d’écriture issues des paradigmes du contrepoint et de la polyphonie, Georg Friedrich Haendel développe et fait rayonner son art parallèlement à celui de Bach. On pourrait dire, figurativement, que ces deux grands compositeurs forment un seul être à deux têtes, unis par la même rigueur méthodologique et la même puissance créatrice.
Tous deux sont nés la même année, en 1685, en Allemagne, et ont perfectionné leur maîtrise instrumentale à l’orgue et au clavecin. Ces instruments, essentiels à leur processus de composition — notamment l’orgue par sa nature polyphonique —, ont profondément marqué leur style. Bien qu’ils aient vécu éloignés l’un de l’autre, ils partageaient la foi luthérienne, et leurs œuvres musicales, à dominante religieuse, furent pourtant composées pour différentes églises chrétiennes.
Georg Friedrich Haendel naît le 23 février 1685 à Halle-sur-Saale, où il étudie l’orgue et intègre le milieu musical local en tant qu’organiste pour les églises luthérienne et calviniste dès l’âge de 15 ans. En 1703, il s’installe à Hambourg, où il rencontre deux ans plus tard Dietrich Buxtehude, célèbre organiste de la ville, qui devient son mentor. Une expérience que Bach partage en parallèle, sans toutefois entretenir de lien personnel ou académique avec Haendel.
En 1706, Haendel décide de se rendre en Italie afin d’étudier les caractéristiques de l’opéra italien et des oratorios de l’Église catholique. Il s’établit à Rome pour quatre ans et entre en contact avec des membres de la Pontificia Accademia degli Arcadi. Il y tisse des liens intellectuels et artistiques avec les compositeurs Arcangelo Corelli, Alessandro Scarlatti et Alessandro Stradella, qui renforcent en lui les bases théoriques et stylistiques de ses futures cantates et opéras. À son retour en Allemagne, il entreprend plusieurs voyages avant de s’installer définitivement à Londres, où il collabore étroitement avec la Royal Academy of Music.
Tout au long de sa vie, Haendel compose environ 650 œuvres, dont les genres les plus représentés sont la cantate, l’opéra et l’oratorio. Parmi ses compositions les plus célèbres, qui continuent à rayonner pour leur beauté et leur complexité, figurent la suite orchestrale Water Music (Musique sur l’eau) créée en 1717, l’oratorio Le Messie composé en 1741, et Music for the Royal Fireworks (Musique pour les feux d’artifice) écrite en 1749.
