le Dimanche 1 février 2026
le Lundi 26 janvier 2026 8:17 Arctique

2025, l’Arctique en surchauffe

En 2025, la couverture combinée de glace de mer des deux pôles a atteint son niveau le plus bas depuis la fin des années 1970. — Pexels - Matt Hardy
En 2025, la couverture combinée de glace de mer des deux pôles a atteint son niveau le plus bas depuis la fin des années 1970.
Pexels - Matt Hardy

Alors que 2024 avait déjà marqué les esprits, l’année 2025 confirme l’accélération du réchauffement climatique aux pôles. Des records de fonte de la banquise et des anomalies de température ont été observés en Arctique et en Antarctique.

2025, l’Arctique en surchauffe
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À gauche : concentration moyenne de la glace de mer arctique pour décembre 2025. La ligne blanche indique la limite climatologique de la glace de mer pour décembre pour la période 1991-2020. À droite : anomalie de la concentration de la glace de mer arctique pour décembre 2025 par rapport à la moyenne de décembre pour la période 1991-2020.
Source des données : ERA5

Courtoisie C3S/ECMWF

L’année 2025 a été marquée par des records de température en Arctique et en Antarctique. Un rapport de l’agence européenne Copernicus a indiqué que, dès février 2025, la couverture combinée de glace de mer des deux pôles a atteint son niveau le plus bas depuis, au moins, le début des observations par satellite à la fin des années 1970.

De plus, l’étendue mensuelle de la glace de mer, en Arctique, a été la plus faible jamais enregistrée pour les mois de janvier, février, mars et décembre, et la deuxième plus faible en juin et octobre. 

Le mois de mars a enregistré le minimum annuel le plus bas jamais enregistré, tandis que le minimum de septembre ne s’est classé qu’au 13e rang des plus bas. Dans l’Antarctique, l’étendue mensuelle a atteint son quatrième minimum annuel le plus bas en février et son troisième maximum annuel le plus bas en septembre.

Dans l’Arctique, l’étendue moyenne de la banquise en décembre 2025 était de 11,3 millions de km², environ 9 % de moins que la moyenne de 1991-2020. Il s’agit de l’étendue la plus faible jamais enregistrée en décembre depuis 47 ans, dépassant le précédent record de décembre 2024, qui était inférieur d’environ 8 % à la moyenne. 

Le principal facteur, l’activité humaine

Avant 2024, la plus faible étendue observée en décembre remontait à 2016.

Si les anomalies de l’étendue de la banquise en décembre ont été négatives chaque année depuis lors, celles enregistrées entre 2017 et 2023 étaient toutes inférieures à 5 % en dessous de la moyenne et ne montraient pas de tendance claire. 

Les anomalies négatives plus importantes observées en décembre au cours des deux dernières années sont donc un phénomène plus récent, indique l’agence.

En décembre 2025, la configuration des anomalies de concentration de la glace de mer dans l’Arctique présentait des similitudes avec celle observée en novembre, avec une couverture de glace de mer beaucoup moins importante dans deux secteurs principaux : le secteur ouest de l’Eurasie et de la mer de Kara ainsi que le secteur nord-est du Canada, comprenant toute la baie d’Hudson et une partie de la baie de Baffin. Certaines parties de ces deux régions ont connu des températures de l’air en surface bien supérieures à la moyenne en décembre.

Pour Laurence Rouil, directrice du service de surveillance de l’atmosphère Copernicus, les données atmosphériques de 2025 dressent un tableau clair où l’activité humaine reste le principal facteur à l’origine des températures exceptionnelles observées en 2025.

« Les gaz à effet de serre atmosphériques ont augmenté de manière constante au cours des dix dernières années, a-t-elle déclaré le 8 janvier dernier. Nous continuerons à suivre les gaz à effet de serre, les aérosols et d’autres indicateurs atmosphériques afin d’aider les décideurs à comprendre les risques liés à la poursuite des émissions et à réagir efficacement, en renforçant les synergies entre les politiques en matière de qualité de l’air et de climat. L’atmosphère nous envoie un message, et nous devons l’écouter. »

2026, une année chaude en prévision

Selon les prévisions d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), il y a plus de 99 % de chances que 2026 soit plus chaude que toutes les années enregistrées avant 2023, mais seulement 1 % de chances qu’elle batte le record de température élevée de 1,55 °C établi en 2024. 

« La Niña exerce une influence refroidissante généralisée, semblable à une “climatisation mondiale”, tandis qu’El Niño agit comme un “fourneau mondial”. Ces effets sont la principale cause des fluctuations qui ponctuent la hausse constante des températures mondiales. Il est probable que le record de température mondiale établi en 2024 à la suite du dernier El Niño sera battu la prochaine fois qu’un El Niño se produira », a indiqué Dr Bill Merryfield, scientifique à ECCC. 

Articles de l’Arctique est une collaboration des cinq médias francophones des trois territoires canadiens : les journaux L’Aquilon, L’Aurore boréale et Le Nunavoix, ainsi que les radios CFRT et Radio Taïga.