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le Vendredi 13 février 2004 0:00 Environnement

Mine Giant L’arsenic restera sur place

Mine Giant L’arsenic restera sur place
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Après avoir fait évaluer quelque 56 alternatives possibles pour la gestion du trioxide d’arsenic enfoui à la mine Giant, le ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada (MAINC) a rendu sa décision, la semaine dernière, à l’effet qu’il favoriserait l’option in situ à la mine Giant. C’est-à-dire que l’arsenic sera transformé en énorme bloc de glace et qu’il resterait sur place. Des opérations de surveillance et de traitement de l’eau se poursuivraient pendant plusieurs années.

Alors que le projet n’est qu’au stade embryonnaire, son coût estimé est actuellement de 200 millions de dollars. Cependant, ce montant est sujet à changement au fur et à mesure que les ingénieurs étudieront les opérations nécessaires à sa mise en œuvre.

Rappelons que 237 000 tonnes de cette forme très toxique d’arsenic sont entreposées dans une quinzaine de chambres et de cavités du sous-sol de la mine. Cet arsenic est le résultat du processus visant à séparer l’or du minerai et a été entreposé de cette manière de 1951 à 1999. La mine a débuté ses opérations en 1948.

Avant de débuter ses travaux, le ministère devra préparer une description détaillée du projet qu’il présentera à l’Office des terres et des eaux de la vallée du Mackenzie. Ce sera à cet organisme de décider si une évaluation des impacts environnementaux sera nécessaire avant l’émission des divers permis et le démarrage du projet. Le gérant du projet d’assainissement de la mine Giant pour le MAINC, Bill Mitchell, croit que le dépôt du projet devrait se faire d’ici octobre prochain. « Je ne pense pas que notre projet puisse être mis en œuvre avant 2006 », dit-il.

Le processus de congélation de l’arsenic se ferait grâce à des tuyaux enfouis dans le sol et entourant les diverses chambres. Le gel serait créé par un processus qui se rapproche de celui utilisé dans les arénas, mais à bien plus grosse échelle. « Le temps pour geler complètement le sol est un peu inconnu. Selon les ingénieurs, on pense à 12, 15 ou 18 ans ».

Pendant plusieurs années après la congélation de l’arsenic, la nouvelle installation devra être entretenue et les eaux qui circulent dans les galeries de la mine devront être traitées. « Il y aura de l’arsenic dans le sol pendant très longtemps à Yellowknife, mais ce sera géré de manière très sécuritaire. Nous sommes pas mal convaincus que ça donnera un entreposage sécuritaire à long terme de l’arsenic, donc aucune poussière ne devrait s’échapper dans l’environnement et, ainsi, causer des problèmes », croit M. Mitchell.

L’Alliance communautaire sur la mine Giant est un organisme de liaison entre la communauté et le MAINC sur la question de la gestion de l’arsenic. Les membres de cette organisation sont des citoyens préoccupés par le problème de l’arsenic à la mine Giant. Le co-président de l’Alliance, Steve Petterson, se dit content qu’une option ait été choisie et que le projet puisse aller de l’avant. « Mais il reste beaucoup de travail à faire, mais au moins, ils (les gens du MAINC) travaillent sur une option ».

À l’instar du gouvernement territorial et du Canadian Arctic Ressources Committee, l’Alliance espère que cette solution est considérée comme une solution intérimaire, en attendant que la technologie permette de se débarrasser définitivement de ces déchets toxiques.

M. Mitchell ne se montre pas trop optimiste sur le sujet. « Les conseillers techniques ont déjà regardé 56 technologies différentes sur les manières de stabiliser ou d’entreposer l’arsenic de manière sécuritaire. Donc, toutes les technologies connues ont été regardées. Nous ne disons pas que si une solution efficace, incluant les coûts, nous arrivait, on ne la prendrait pas au sérieux, mais l’arsenic est un élément qui ne peut pas être changé aisément d’un stade à un autre et ça demeure de l’arsenic. Pourvu que c’est contenu, cependant, ça peut être géré très sécuritairement ».

« Je suis aussi confiant que je le peux, dit Steve Petterson, considérant que l’option est de laisser ça là. Nous avons eu une démonstration sur le travail qui a été effectué au lac McArthur, en Saskatchewan, et d’autres secteurs où cette technologie a fait ses preuves, donc, je pense que c’est bon ».

De plus, ce dernier déclare qu’en tant que résident de Yellowknife, il se sent en toute sécurité avec cette solution, étant donné le très faible risque d’activité sismographique dans la région.