La troisième des grandes œuvres polyphoniques et spectaculaires de la musique classique, écrite par Georg Friedrich Haendel à la demande du roi George II de Grande-Bretagne en 1749, est Feux d’artifice royaux. Deux raisons principales expliquent la création de cette œuvre.
D’abord, le succès de la suite Water Music, jouée en 1717 par une cinquantaine de musiciens sur une barge naviguant sur la Tamise, à hauteur de Westminster, accompagnant la barque royale de George Iᵉʳ.
La seconde raison est liée à un des évènements historiques les plus importants de l’Europe, ayant profondément influencé la configuration politique des États et leurs colonies : la signature du deuxième traité d’Aix-la-Chapelle en 1748, marquant la fin de la guerre de Succession d’Autriche.
Le conflit débute en 1740, à la mort de Charles VI, empereur du Saint-Empire romain germanique. Sa succession devait revenir à sa fille Marie-Thérèse, alors âgée de 23 ans – une décision qui provoque la contestation de plusieurs puissances européennes opposées à la dynastie des Habsbourg, dominante sur une grande partie du continent. La Bavière, la France, l’Espagne et la Saxe s’allient sous la direction de Frédéric II, roi de Prusse. En réaction, l’Autriche reçoit le soutien de la République néerlandaise, de la Russie, de la Sardaigne et de Hanovre, sous le commandement principal de George II de Grande-Bretagne, également prince-électeur du Saint-Empire.
Pour célébrer la paix retrouvée après la signature du traité d’Aix-la-Chapelle, le roi George II commande à Haendel la composition de Feux d’artifice royaux.
Cette œuvre se présente comme une suite musicale en six mouvements : une ouverture, une bourrée, un largo à la sicilienne intitulé La Paix, un allegro nommé La Réjouissance, et deux menuets.
L’orchestre de la création, rassemblé pour la cérémonie de célébration, comprenait environ quatre-vingts musiciens, composés uniquement d’instruments à vent et de percussions – aucun instrument à cordes, afin de préserver la force martiale de la musique et d’exprimer la victoire militaire de manière triomphale. Les interprétations modernes, qui intègrent désormais les cordes, résultent de révisions postérieures.
La première de Feux d’artifice royaux eut lieu le 27 avril 1749.
