C’est la semaine dernière qu’avait lieu cette rencontre. Dans la foulée du rapport catastrophique déposé il y a deux semaines sur l’impact des changements climatiques dans l’Arctique, le réchauffement planétaire était à l’ordre du jour.
Bien entendu, des représentants de la Défense étaient présents, mais on retrouvait également des gens des Affaires étrangères, de Pêche et Océans, de l’Immigration et tout le bataclan. Des experts de l’Arctique étaient également du nombre.
Le Colonel Normand Couturier, le commandant en chef du Secteur nord, explique l’objectif de la rencontre : « Nous sommes ici pour discuter des questions de sécurité dans le Nord. [Les représentants des différents ministères], nous nous assoyons ensemble et nous partageons l’information afin d’être mieux préparés. »
Mieux préparés, entre autres, à la possible ouverture du Passage du Nord-Ouest. « Avec l’augmentation de l’exploration, du tourisme, et des envois en général, cela signifie qu’il y a beaucoup plus de trafic dans le Nord. Par le fait même, cela crée des préoccupations sécuritaires, pour l’environnement comme pour la population en général. […]. Il faut porter attention au crime organisé, à l’immigration aux frontières et toutes ces choses », insiste le colonel Couturier.
Mais si les effets du réchauffement climatique est une question de sécurité, est-ce que la Défense prend des initiatives pour minimiser son impact sur le climat ? La réponse du colonel est surprenante : « Nous, à la Défense nationale, ce que nous regardons c’est plutôt comment assurer une bonne surveillance de l’Arctique. […] Environnement Canada serait plus habilité à formuler des façons de réduire les émissions de gaz à effet de serre.» Il ajoute cependant que la Défense fait tout de même attention à l’usage qu’elle fait des combustibles fossiles. « Et ce n’est pas exclusif à la Défense, tous les ministères le font. »
Deux projets
Pour s’arrimer aux exigences sécuritaires d’un Nord plus facilement accessible, la Défense met en place différents projets de surveillance dont le projet Polar Epsilon fera appel à des satellites commerciaux afin de surveiller le cercle polaire canadien.