Le deuxième étage du Top Knight à Yellowknife, bien rempli de membres de la communauté francophone venus écouter Fred Fortin.
Depuis près de trente ans, Fred Fortin trace sa route sur la scène musicale québécoise. Un chemin qui en fait de lui l’une des figures actuelles incontournables, le tout sans jamais renier ses racines. « Je suis auteur, compositeur, interprète du lac Saint-Jean à Saint-Félicien, plus précisément au Québec », souligne-t-il simplement.
Passage envoûtant à Yellowknife
Ce 17 février, au Top Knight, Fred Fortin était accompagné de son acolyte guitariste Olivier Langevin. Les spectateurs semblent avoir apprécié l’atmosphère très apaisante de la soirée – bien qu’extrêmement froide à cause d’une panne de chauffage –, certains chantant lors de pièces bien connues. Le répertoire de chansons offrait un parcours à travers les différentes étapes de sa carrière, reflétant à la fois ses débuts et ses explorations plus nuancées.
1996 : le début de carrière
Fortin émerge officiellement en 1996 avec Joseph Antoine Frédéric Fortin Perron, avant d’enchainer des albums devenus cultes comme Le plancher des vaches en 2000 et Planter le décor en 2004. En 2009, Plastrer la lune le propulse sur la longue liste du prix Polaris et lui vaut deux prix GAMIQ.
Son déclic ? Un spectacle de Richard Desjardins vu par hasard au cégep. « Il a fait une chanson qui s’appelait Le Prix de l’or, se souvient l’artiste. Je me sentais comme sur un bateau et j’entendais craquer le bois. Ça m’a vraiment marqué. » À la suite de ce choc poétique, il est amené à raconter des histoires et à laisser plus de place aux mots avec sa musique. Parmi ses autres influences, il cite Jean Leloup et Daniel Bélanger, des artistes qui, dit-il, « parlent la même langue que moi ».
« Un peu d’autodérision, ça fait du bien »
Chez le musicien, l’humour et la profondeur cohabitent naturellement. « J’aime l’humour pour faire passer des choses… un peu d’autodérision, ça fait du bien. » En spectacle, il adapte l’intensité au contexte, cherchant toujours le contact. « C’est un échange, précise-t-il, tout en espérant “de la chaleur dans nos cœurs » pour la soirée de ce mardi 17 février.
Car au fond, la musique demeure un jeu pour lui. « Quand on parle de jouer, c’est jouer. Ma vie consiste à jouer. » Entre studio et tournée, entre amitiés fidèles et fidélité du public, Fred Fortin continue d’avancer sans courir après la gloire. Avec humilité, il partage ce qu’il sait faire de mieux : transformer le quotidien en chansons qui nous ressemblent.
