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le Vendredi 8 avril 2005 0:00 Environnement

Découverte de pétrole à Tulita

Découverte de pétrole à Tulita
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«Notre filiale canadienne, Northrock Resources Ltd., a découvert un gisement d’hydrocarbures à Summit Creek, au cœur de la vallée du Mackenzie, dans les Territoires du Nord-Ouest», a annoncé la pétrolière californienne Unocal, le 31 mars dernier.

Les activités de forage qui ont eu lieu en février et en mars ont donné des résultats positifs. La zone d’exploration située à une soixantaine de kilomètres de Tulita, dans la région du Sahtu, abrite des gisements très prometteurs. Ensemble, les deux puits de test ont fourni 6 000 barils de pétrole et 20 millions de pieds cubes de gaz naturel par jour, a déclaré la multinationale. En comparaison, le gisement de Norman Wells, situé dans la même région et opéré à l’échelle commerciale, produit 23 000 barils de pétrole par jour.

Un autre puits, le Sah Cho, a aussi été foré par Northrock Resources. Mais les résultats ont été moins concluants : il y a bien du pétrole dans le Sah Cho, mais son débit n’est pas commercial.

« Bien que les résultats du programme de forage de cet hiver soient encourageants, plus de travail devra être fait pour déterminer la viabilité marchande de ce gisement émergeant », a déclaré le président de Northrocks, David Pearce. Cet été, la filiale canadienne d’Unocal devrait entreprendre d’autres travaux de sondage sismique dans la région et encore du forage l’hiver prochain.

Taché de sang

Dix jours plus tôt, Unocal émettait un autre communiqué, sur les droits humains celui-là.

La corporation venait de conclure une entente hors cour avec des villageois du Myanmar (Birmanie) concernant des accusations de négligence grave ayant porté atteinte à leurs droits les plus fondamentaux. Les demandeurs, des indigènes d’une ethnie minoritaire au Myanmar, ont déclaré avoir été victimes d’importantes exactions – dont le meurtre, la torture, le viol, l’esclavage et la relocalisation – commises par les militaires birmans lors de la sécurisation et la construction d’un gazoduc pour le compte d’Unocal et de la pétrolière française TotalFinaElf.

Les plaignants argumentaient qu’Unocal connaissait ou aurait dû connaître les exactions passées des forces armées birmanes et que l’entreprise savait que de tels crimes avaient été commis lors de la construction du pipeline Yadana. Ils ajoutaient que l’entreprise a directement bénéficié de ces abus, en particulier en ce qui concerne les travaux et les relocalisations forcés.

« Bien que les termes soient confidentiels, affirme Unocal, l’entente dédommagera les plaignants et fournira les fonds nécessaires pour leur permettre de développer des programmes pour améliorer leur condition, les soins de santé et l’éducation tout en protégeant les droits des habitants de la région du pipeline. […] Unocal réaffirme que la compagnie respecte les droits humains dans toutes ces activités. C’est notre principe » C’est la première fois que des étrangers gagnent contre une multinationale américaine devant la justice américaine.

TotalFinaElf, le partenaire français d’Unocal en Birmanie, fait également l’objet d’une poursuite pour « enlèvement et séquestration ». La cause est encore en cours d’instruction.

Cinq jours après avoir découvert du pétrole aux TNO, Unocal a été vendue pour 18 milliards de dollars à une autre corporation américaine, ChevronTexaco. ChevronTexaco fait présentement l’objet d’un procès contre des autochtones d’Équateur qui l’accusent de « saccage écologique ». Dans la jungle amazonienne, entre 1972 et 1992, la pétrolière aurait contaminé un million d’hectares de terre, rendu malades 30 000 personnes, laissé 600 dépôts de produits toxiques à ciel ouvert et déversé volontairement 75 millions de mètres cubes de liquides toxiques et 60 000 mètre cubes de pétrole.