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le Vendredi 22 avril 2005 0:00 Environnement

Une autre histoire de trous…

Une autre histoire de trous…
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Cet été, le lac MacInnis, au nord de Forth Smith, sera sous haute surveillance. Des prospecteurs espèrent y trouver des gisements d’uranium.

Situé à quelques 150 kilomètres au nord-est de Forth Smith, le site d’exploration du lac MacInnis représente 26 000 hectares de terre que se promettent de passer au peigne fin les compagnies canadiennes Alberta Star et MAX Resources. Au début d’avril les deux sociétés ont acquis les doits d’exploration pour ce site où, depuis 1954, près d’une trentaines de gisements ont été identifiés comme pouvant contenir de l’uranium. La zone du lac MacInnis est adjacente au lac Longtom où de l’uranium a été découvert en septembre dernier.

Cet été, Alberta Star compte organiser des sondages magnétiques de la zone pour établir les sites les plus propices à l’exploration. Des activités de forages sont également à prévoir.

Le Canada est le premier producteur d’uranium au monde et les TNO, un des endroits où l’on en retrouve le plus. Pour extraire l’uranium, il faut détruire de grandes surfaces de terres qui resteront stériles des années durant. Le traitement du minerai exige l’usage de produits chimiques toxiques: ammoniaque, acide chlorhydrique, kérosène et eau oxygénée. Ces substances sont systématiquement déversées dans l’environnement.

Les TNO sont aux prises encore à ce jour avec les séquelles de l’explotation d’uranium de Port Radium, près du Grand lac de l’Ours. Les communautés les plus affectées sont Deline et Tulita par lesquels transitait le minerai extrait dans les années 1940 et 1950. C’est de cette mine que fut extrait l’unranium ayant servi aux premières expériences du Manhattan Project de l’armée américaine ainsi qu’à la construction des bombres atomiques ayant détruit Hiroshima et Nagasaki au Japon.

Le plus grand risque pour l’environnement est dû aux résidus miniers laissés par le broyage et le traitement du minerai d’uranium. Ces résidus conservent 85 pour cent de la radioactivité du minerai d’origine sous forme de produits de désintégration qui se régénèrent sans cesse. Les tas de résidus miniers contiennent également des matières chimiques toxiques: acides, arsenic, nitrates et métaux lourds. Environ 175 millions de tonnes de ces résidus jonchent le sol canadien.

Aujourd’hui, le Canada exporte de l’uranium dans une douzaine de pays y compris les ÉtatsUnis, la France, la Grande Bretagne et la Corée du Sud. Jusqu’à récemment, la plus grande partie de l’uranium exporté aux États-Unis était destinée à l’armement nucléaire.

Aujourd’hui l’armement nucléaire le plus répandu est celui dit à « l’uranium appauvri », par opposition à l’uranium enrichi qui sert a fabriquer les bombes atomiques. On produit cinq livres d’uranium appauvri pour chaque livre d’uranium enrichi.

Les bombes à l’uranium appauvri possèdent l’avantage de s’enflammer naturellement lors d’un impact et constituent désormais la quasi totalité de l’arsenal anti-char américain. Elles ont été employées dans la plupart des conflits récents auxquels ont participé les Américains : Iraq, Yougoslavie, Afghanistan et Iraq.