Depuis près de 50 ans, la communauté francophone de Yellowknife porte le projet d’un centre communautaire sans jamais parvenir à le concrétiser. Sans perspective de construction à court terme, les deux dernières années ont toutefois marqué un tournant, centré sur la structuration et la clarification du projet.
À l’été 2024, le projet est relancé lors d’une table de concertation stratégique réunissant élus et directions générales. Le constat est unanime. « Tout le monde avait dit oui, c’est toujours une priorité », rappelle à Médias ténois la directrice générale de la Fédération franco-ténoise (FFT), Audrey Fournier. Dans la foulée, une piste de financement avec Infrastructure Canada est explorée, mais rapidement écartée, les critères du programme ne correspondant pas aux besoins du projet.
Maintenir le projet en vie
Plutôt que de refermer le dossier, la FFT choisit de maintenir l’initiative. En janvier 2025, une demande volontaire est déposée à Patrimoine canadien pour la construction d’un centre communautaire. L’objectif n’est pas tant d’obtenir un financement immédiat que de disposer d’un projet formel. « C’est difficile d’aller parler à des politiciens si tu n’as rien. Ce n’est pas comme si tu pouvais t’appuyer sur une demande, un projet déposé sur lequel faire un suivi », explique Audrey Fournier.
On devait avoir une réponse en décembre. On est toujours sans réponse, alors on attend, on croise les doigts.
Lancement d’un plan d’affaires
Cette approche débouche sur une évolution importante à l’automne 2025. Patrimoine canadien recontacte la FFT dans le cadre d’un appel ciblé, non pas pour financer la construction, mais pour soutenir l’élaboration d’un plan d’affaires. « Plutôt que de dire : “Oui, voilà, je finance votre projet de construction”, ils nous ont rappelés pour nous dire de déposer une demande pour pouvoir faire un plan d’affaires », précise la directrice générale.
La demande est déposée en octobre 2025. Celle-ci vise à clarifier la gouvernance, le fonctionnement, les espaces, les partenaires et le budget du futur centre. Pour la première fois, le projet intègre aussi un volet logement, en réponse aux difficultés de recrutement et de rétention vécues par les organismes francophones. « Le recrutement freine vraiment le développement de plusieurs organismes », souligne Audrey Fournier.
Suspendu à une réponse
Depuis, le dossier est en attente. « On devait avoir une réponse en décembre. On est toujours sans réponse. On attend, on croise les doigts », confie-t-elle. À ce stade, la FFT se montre prudente : « Il est tôt pour parler d’avancées concrètes, mais l’intérêt de Patrimoine canadien pour continuer les discussions et définir davantage le projet est un bon point de départ. »
En parallèle, des discussions ont été amorcées en janvier 2026 avec la ministre Rebecca Alty et la ministre Caitlin Cleveland autour de terrains appartenant au gouvernement territorial et de partenariats possibles, incluant l’intégration éventuelle de services gouvernementaux. Des échanges encore exploratoires, mais qui inscrivent le projet dans un dialogue plus structuré qu’auparavant.
En cas de réponse négative de Patrimoine canadien, la FFT envisage de poursuivre ses démarches auprès d’autres ministères et agences, tout en reconnaissant que « sans l’appui de Patrimoine canadien, un tel projet serait difficile ». Pour l’instant, le centre communautaire reste un projet en définition ; plus clair qu’avant, mais toujours suspendu à une décision attendue.
