le Dimanche 22 février 2026
le Dimanche 22 février 2026 10:08 Arctique

Retour sur les premiers Jeux d’hiver de l’Arctique à Yellowknife

L’équipe des TNO aux Jeux d’hiver de l’Arctique en 2002. — Courtoisie Arctic Winter Games International Committee Archives
L’équipe des TNO aux Jeux d’hiver de l’Arctique en 2002.
Courtoisie Arctic Winter Games International Committee Archives

Les Jeux d’hiver de l’Arctique désignent l’ensemble des évènements sportifs et organisés par des contingents de la région arctique, en particulier des communautés circumpolaires du Canada, de l’Alaska, du Kalaallit Nunaat (Groenland) et du nord de la Scandinavie. Jusqu’en 2020, la Russie participait aussi aux épreuves, mais après l’invasion de l’Ukraine, cette équipe a été exclue des jeux pour une durée indéterminée.

Retour sur les premiers Jeux d’hiver de l’Arctique à Yellowknife
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En l’an 2000, les jeux se sont déroulés à Whitehorse. 

Courtoisie Arctic Winter Games International Committee Archives

À quelques semaines du lancement de la prochaine édition des Jeux d’hiver de l’Arctique, un petit retour dans le temps s’impose pour comprendre ce présent sportif.

Stuart Hodgson, commissaire des TNO de 1967 à 1979 et Bud Orange, membre du Parlement des TNO de 1965 à 1972 ont eu l’idée de créer des Jeux d’hiver de l’Arctique alors qu’ils assistaient aux tout premiers Jeux d’hiver du Canada au Québec en 1967. Préoccupés par le manque de compétition auquel les athlètes et entraineurs du Nord avaient accès et par le fait qu’ils étaient souvent exposés à des scores déséquilibrés lorsqu’ils participaient aux Jeux du Canada et à d’autres évènements nationaux dans le Sud, des jeux organisés en Arctique devaient, selon eux, rétablir un équilibre et un accès équitable à des compétitions.

Cette idée a été acceptée par James Smith, commissaire du Yukon puis par le gouverneur de l’Alaska, Walter Hickel. Trois ans plus tard, les Premiers Jeux se déroulaient à Yellowknife pour coïncider avec le centenaire de la création des Territoires du Nord-Ouest.

De la création en 1970 à la pandémie en 2020

Les premiers Jeux de l’Arctique ont eu lieu en 1970 à Yellowknife et l’ouverture officielle a été orchestrée par le premier ministre de l’époque Pierre Elliott Trudeau. Le Yukon, l’Alaska et les TNO ont participé à ces premiers jeux. Dans le premier numéro de l’Ulu News, le journal des jeux parut le 9 mars 1970, la parade d’inauguration est décrite comme la plus grande parade qui a eu lieu à Yellowknife. Plus de 700 athlètes, entraineurs et personnalités politiques ont défilé notamment sur l’avenue Franklin.

En 1972, les jeux ont eu lieu à Whitehorse au Yukon et ces jeux marquent le début d’une rotation entre les différentes régions qui participent aux jeux tous les deux ans. L’équipe du Nunavik qui s’appelait à l’époque Northern Québec a envoyé des athlètes ainsi que le Groenland. Le Labrador et la Russie ont quant à eux envoyé un contingent d’observateurs.

En 1974 les jeux se déroulent à Anchorage en Alaska, puis en 1976, le nombre de participants a dû être revu à la baisse. En effet, cette année-là, les jeux ont lieu à Schefferville, une petite communauté nordique, à la frontière du Québec et du Labrador, où les infrastructures et les hébergements étaient très limités.

En 1986, le nord de l’Alberta participe pour la première fois et en 1990, le Groenland envoie un contingent de 50 athlètes tandis que la Russie envoie un contingent culturel originaire de la province de Magadan dans le nord-est de la Sibérie. 

En 1992, des athlètes russes et groenlandais participent pour la première fois aux jeux.

En 2020, les jeux sont annulés à moins de deux semaines du coup d’envoi à cause de la pandémie de Covid. Puis en 2022, toujours en lien avec la pandémie, les jeux sont reportés à l’année suivante à Wood Buffalo dans le nord de l’Alberta.

Il est intéressant de noter que, malgré la participation des Samis de l’Europe du Nord, les jeux n’ont jamais eu lieu en Europe.

Une édition unique entre le Nunavut et le Groenland

En 2002, suite à plusieurs volontés politiques, le Comité international des Jeux d’hiver de l’Arctique approuve l’organisation des Jeux dans deux sites distincts. Nuuk, au Groenland, et à Iqaluit, au Nunavut.

Les premiers Jeux organisés en partie hors d’Amérique du Nord comprenaient 17 sports. Iqaluit a accueilli le basketball, le curling, les jeux dénés, le mushing, le hockey, la gymnastique, les jeux inuits, le patinage de vitesse et la lutte, tandis que Nuuk, au Groenland, a accueilli, entre autres, le ski alpin, le badminton, le ski de fond ou encore les sports arctiques.

14 ans plus tard, la ville de Nuuk a accueilli seule les jeux. Maliina Abelsen, directrice générale a rappelé, dans l’édition du journal des jeux, Ulu News, que le nombre de participants était plus de deux fois supérieur à celui des jeux de 2002. 

« Pour une ville de 17 000 habitants, trouver de la place pour (loger) 2 000 personnes supplémentaires n’est pas une mince affaire. »

Quel est le rôle du Comité international des Jeux ?

Le Comité international des Jeux d’hiver de l’Arctique assure la gestion des jeux. Cet organe directeur promeut les valeurs symbolisées par les trois anneaux entrelacés des jeux, qui représentent la compétition sportive, l’exposition culturelle et l’échange social. Dédié au succès continu de ces jeux, le Comité supervise la préparation de la société hôte et guide l’intégrité technique et culturelle des jeux.

Le principe de ces jeux est de permettre aux athlètes du nord circumpolaire de concourir, selon leurs propres termes, sur leur propre terrain. Non seulement les épreuves permettent aux sportifs d’améliorer leurs techniques et performances en se mesurant à d’autres athlètes lors d’une compétition internationale, mais en plus ces rencontres sportives renforcent la compréhension mutuelle et les liens d’amitié qui se créent entre les différentes communautés de l’Arctique.

Articles de l’Arctique est une collaboration des cinq médias francophones des trois territoires canadiens : les journaux L’Aquilon, L’Aurore boréale et Le Nunavoix, ainsi que les radios CFRT et Radio Taïga.