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le Vendredi 8 mars 2002 0:00 Culture

La collaboration des parents est demandée Francisation des enfants

La collaboration des parents est demandée Francisation des enfants
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« Quel est le message que les enfants comprennent lorsqu’on leur demande de parler en français ici et qu’ils voient des parents francophones parler en anglais à leurs enfants ou même se parler entre eux en anglais? », se demande Arlette Fonte-neau, coordonnatrice de la garderie Plein-Soleil.

Selon Mm Fonteneau et deux monitrices de la garderie, Nadine Petit et Nadia Mohajir, l’âge préscolaire est crucial dans l’apprentissage des langues. « Mis à part les cas d’urgence, nous ne parlons aux enfants qu’en français ici. S’il y a un enfant qui ne parle qu’en anglais, nous lui répondons en français », d’expliquer Mme Fonteneau qui souligne qu’en six mois, l’enfant devient bilingue.

Cependant, l’apprentissage de la langue de Molière n’est pas qu’une affaire de huit heures passées à la garderie. « Nous inculquons un français de base, mais l’identité francophone, c’est aux parents de l’expliquer. La culture, ça ne s’apprend pas à l’école. Ça se passe à la maison », d’expliquer Mme Mohajir.

Pour aider, Mme Petit, conseille aux parents francophones de démontrer leur affection aux enfants en français. « On peut aussi écouter des films en français ou leur lire des histoires en français. Il y en a plein à la bibliothèque de l’école Allain St-Cyr », dit-elle en relatant une occasion où elle a fait découvrir Astérix aux enfants de son groupe.

Pour Mme Fonteneau, dans les couples dont l’un des parent parle français et l’autre, anglais, chacun devrait parler dans sa langue maternelle à ses enfants. « Les traductions, ça ne marche pas. Il faut que l’enfant pense dans les deux langues », d’ajouter Mme Mohajir. La présidente de la garderie, Sylvie Hayotte, est d’accord avec les intervenantes. « Ça prend un point de repère à l’enfant pour qu’il sache si cette personne parle cette langue ou que cette autre personne parle l’autre langue », croit-elle.

Vivant elle-même dans un couple bilingue. Mme Hayotte applique d’ailleurs ce principe à la maison. « Je parle à ma fille en français et son père, même s’il connaît le français, lui parle en anglais. Je ne crois pas que ce soit bon qu’un parent parle à son jeune enfant dans les deux langues », lance-elle. Mme Hayotte croit que c’est de cette façon que sa fille pourra pleinement profiter du bilinguisme.

Pour les trois intervenantes de la petite enfance, il est clair que ce sont les parents qui sont les modèles. « Les parents francophones ont envie de préserver leur langue, mais certains ne fournissent peut-être pas assez d’efforts. S’ils s’engagent à envoyer leurs enfants à la garderie française, ils doivent aussi faire leur part », de conclure Mme Fonteneau.