Selon Mme Tatti, « l’Assemblée devrait démontrer son engagement envers toutes les langues officielles en assurant la visibilité des langues durant toutes les sessions de l’Assemblée législative, grâce à de l’interprétation simultanée ». Cette proposition a suscité les questions de quelques députés.
Le député Leon Lafferty a fait part de quelques expériences qu’il a lui-même vécues alors qu’il a mal été interprété lorsqu’il parlait dans sa langue. « Je ne veux pas me promener à travers le territoire et me faire dire que j’ai dit telle ou telle chose que je n’ai pas dite. Il n’y a aucune protection ou garantie pour nous », a-t-il lancé. Selon lui, une forme de protection en ce qui a trait aux interprétations devrait être inscrite dans la Loi sur les langues des T.N.-O.
Interprétation et traduction
La commissaire aux langues a alors porté l’attention du député sur sa quatrième recommandation portant sur la mise en place d’une stratégie détaillée pour la formation et l’accréditation en interprétation et traduction. Cette formation devrait être mise en place au cours des trois prochaines années.
Pour le député Bill Braden, le problème est plus économique. « Combien pourraient coûter ces recommandations ? La mise en place d’interprètes pour les onze langues officielles nécessiterait beaucoup de ressources qui pourraient être investies ailleurs », a-t-il lancé. Pour Mme Tatti, cependant, on ne fait jamais assez pour les langues. « Si une langue disparaît, c’est un peuple qui disparaît », a-t-elle lancé.
Les coûts reliés aux rencontres annuelles du comité consultatif du Commissariat aux langues, comprenant plus de 50 personnes provenant de partout aux Territoires du Nord-Ouest, a aussi suscité des questions de M. Lafferty. Mme Tatti a fait savoir que tout était mis en œuvre pour réduire les coûts reliés à ces rencontres qui coûtent environ 50 000 dollars. Cette dernière a cependant insisté sur l’importance du comité et de ses rencontres.
Dans sa deuxième recommandation, Mme Tatti demande à ce que plus de fonds soit investis dans le Commissariat. La recommandation numéro trois porte sur l’établissement d’une recherche socio-linguistique tous les trois à cinq ans. Cette recherche permettrait de connaître la situation des langues aux T.N.-O. Enfin, la recommandation numéro 5 porte sur la création d’ateliers traitant de la Loi sur les langues officielles et des rôles et responsabilités du Commissariat aux langues. Ce sont les différents ministères qui offriraient ces ateliers à leurs employés.
La Promotion
La commissaire a aussi été questionnée sur le processus qui l’a conduite à mettre l’accent sur la promotion plutôt que sur la gestion des plaintes et des enquêtes. « Est-ce que vous n’auriez pas dû venir devant les députés et les informer de cette nouvelle approche ? », de demander le président du comité, Charles Dent. Selon la commissaire, chaque commissaire a eu sa propre vision du travail et un sondage effectué auprès de la population révélait que plus d’énergie devait aller à la promotion. « Nous avons amélioré l’aspect promotion, mais nous n’avons pas négligé les autres aspects du mandat », dit-elle.
Au chapitre des plaintes, la commissaire dit en avoir reçu dix durant l’année 2000-2001. Huit d’entre elles concernaient le manque de services d’interprétation et de traduction. La plupart de ces plaintes proviendraient des communautés francophone et dénée.