Près de cinquante personnes ont réfléchi à la question le 9 mars dernier à Yellowknife, alors que l’organisme à but non lucratif a jugé le terrain propice au projet qui mijote depuis de nombreuses années. Déjà, une étude de faisabilité et un site Web sont au menu des activités à venir au cours des prochains mois.
« Nous avons un environnement qui est pauvre en art, explique Matthew Grogono, l’un des instigateurs de l’entreprise. Le financement des T.N.-O. pour les arts est moindre que celui accordé par les autres provinces canadiennes. »
Selon les participants de l’atelier, un centre autogéré semble approprié dans un environnement où l’art n’est pas une priorité. Géré par les artistes eux-mêmes, sans buts lucratifs, structuré comme une coopérative, le centre autogéré est très en vogue dans les grands centres urbains au pays.
Les artistes de toutes les disciplines ont un besoin d’espace et ce centre veut donner des solutions à ceux qui doivent parfois travailler dehors, même en hiver. « Je suis employé à la Commission du logement de Yellowknife et je vois beaucoup de locataires qui sculptent dehors », raconte Guy Langlois, un musicien originaire d’Edmonton. Les comédiens ont de la difficulté à trouver de l’espace car ils doivent monter et démonter des décors et ils n’ont pas d’endroit pour les entreposer. Les sculpteurs ont besoin d’un endroit ventilé pour travailler. » Le guitariste sait de quoi il parle, lui-même ne pouvant jouer du rock à cause du bruit.
Pourquoi n’y a-t-il pas encore de centre ou de galerie publique à Yellowknife ? Matthew Grogono, qui essaie à titre individuel depuis une dizaine d’années de susciter un intérêt pour le projet, explique que le gouvernement a d’autres priorités, « par exemple, le hockey et le développement minier. » Le souffleur de verre insiste toutefois sur les retombées économiques d’un centre. « L’industrie touristique culturelle est énorme. » Guy Langlois croit que la nature même des artistes a été un frein. « Maintenant, on s’organise mieux, mais les artistes sont solitaires, ils travaillent seuls. »
Le principal obstacle auquel se heurte la Aurora Arts Society est le manque de locaux dans la capitale. Plusieurs options sont à envisager, dont celles d’acheter, partager ou louer un bâtiment comme le Akaitcho Hall, le vieux bâtiment de la Baie d’Hudson ou même le futur centre communautaire de l’Association franco-culturelle de Yellowknife.
« Les francophones supportent l’art », estime Guy Langlois, qui désire également un partenariat avec les groupes autochtones.
L’étude de faisabilité du groupe devrait être complétée en octobre prochain.