En première partie dans son lit, en deuxième devant la machine à café, Philippe Brach s’est confié sur son album Portraits de famine, ses dernières aventures avec Carmen Campagne et son spectacle imminent aux Territoires du Nord-Ouest en entrevue téléphonique depuis son appartement montréalais.
« Le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest, ça faisait un bout que je voulais voir ça […] c’est encore plus cool de pouvoir voyager grâce à la musique… Je me suis dit, je vais aller voir un trois jours au début pour faire un spectacle et je vais fort probablement revenir », annonce Philippe Brach.
Il rêve d’ailleurs de patiner sur un lac gelé (ou de rencontrer Justin Trudeau au Canadian Tire) pour célébrer sa dernière année avec son équipe : « On vient de faire 125 show en un an. L’album, on l’a roulé, on l’a rodé, on l’a exploré sous toutes ses formes. C’est rendu l’apothéose la plus complète, la plus maitrisée. On a eu le temps non seulement de se solidifier une chimie sur le stage, mais aussi dans la van de tournée. Je pense que le timing est très bon pour qu’on parte toute en belle famille aux Territoires du Nord-Ouest. »
Au club de ski de Yellowknife le 7 décembre, dans le cadre de sa tournée Coup de cœur francophone, ce sera l’une des dernières fois qu’il montera sur scène avec son deuxième album Portraits de famine, qui traite principalement de carence et de famille : « Je ne mets pas beaucoup de barrières dans la création, donc les trois quarts du temps, ça peut être des choses inspirées de moi ou des trucs que j’autocaricature de moi-même. Des fois, c’est juste inspiré de gens qui m’entourent et d’autres, c’est de la pire fiction prise de nulle part. »
Les pistes de l’album passent entre autres par Monsieur le Psy, Bonne journée, ou L’Amour aux temps du cancer et Père parti, mère mono, fils fendum fuck les flos. Un album disparate avec plusieurs ruptures de ton. « C’est ça que je voulais aussi, mon but c’était que l’album, tu ne puisses pas l’écouter en soupant sans te lever pour aller skiper des tounes. C’était ça l’important, parce que je n’aime pas ça quand c’est trop homogène, quand c’est trop pareil. Je pense qu’on y est très bien arrivé », relate le Saguenéen, satisfait.
Se remmancher quelque part entre la Tanzanie et l’Alaska
Question rupture d’ailleurs, depuis l’été dernier, Philippe a le tunnel carpien bouché et le bras qui le tendinite. Il engage un guitariste qui fait ses partitions live. « Je ne fais que chanter, pis c’est raide en… mais c’est ça », de dire l’auteur-compositeur-interprète.
Dès janvier, Philippe s’envolera dans le but de rétablir ce bras et reviendra à l’été pour enregistrer à l’automne 2017. La Tanzanie, le Congo et l’Afrique du Sud figurent sur sa liste de destinations. Qui sait. « J’irais peut-être un genre de mois et demi là-bas pis je reviendrais, je repartirais un autre mois, soit au Costa Rica ou en Alaska. Je suis pas branché pis je vais me décider deux jours à l’avance. » Il ajoute qu’il se réfugiera dans le bois pour écrire, à son retour.
Le buzz du 8 bits
« Ce n’est pas clair encore même pour moi ce projet-là », dit-il concernant son nouvel album Bienvenue à Enfant-Ville. L’idée initiale est de réaliser la reprise d’une de ses chansons en Super Nintendo, en 8 bits. « Finalement, on a tellement eu du fun à faire cette soirée-là, qu’on est resté toute la nuit sur le projet. Ça a viré en gros bunker, six jours à pas sortir de chez nous, à faire l’album au complet. Ce n’est définitivement pas un projet qui était prévu il n’y a de cela même pas six semaines. [C’est arrivé] de nulle part et on a pris le buzz ».
« L’album Bienvenue à Enfant-Ville, ce n’est pas une joke, on a quand même mis beaucoup d’efforts là-dedans. En tout cas, si c’est une joke, c’est une joke très complexe », précise Brach sur ce projet.
Savoir surprendre son public
Pour conclure son dernier spectacle à Montréal au Club Soda, Philippe invite Carmen Campagne à chanter un morceau à elle, en plus de Lucy in the Sky with Diamonds, pendant que ses amis déguisés lancent des bulles et des ballons dans la foule.
Il s’extasie en révélant l’histoire : « C’est une idole de jeunesse. Je ne pensais jamais que ça allait se passer. Elle nous a renvoyé un email et j’ai dit nenon c’est sûr que c’est un canular ça là, c’est sûr que c’est impossible qu’elle ait dit oui. [Le soir du spectacle], elle disait qu’elle avait l’impression de voir son public, mais 15-16 ans plus tard. Et le public a rien compris de ce qui se passait. Moi j’étais sur la scène et je voyais les faces, le monde avait les yeux grands ouverts, ils criaient et capotaient, ils ne comprenaient juste pas au début. C’était un beau moment what the… »
Avis aux intéressé(e)s : son numéro de téléphone figure dans son album CD et vinyle. « J’ai souvent des appels pour aller au restaurant (je sais pas pourquoi), mais ça ne m’est jamais arrivé de dire oui encore », avoue la révélation de l’année de l’ADISQ.
