Émergence d’un nouveau groupe francophone de Yellowknife.
Okapi et un nouveau groupe franco de la capitale ont définitivement mis le party au Yellowknife Ski Club le 18 novembre dernier.
En première partie, un groupe informel composé d’Eugène Roach, Yves Lécuyer, Marc Lacharité, James Hodson et Stéphane Quentin a joué des compositions de plusieurs de ses membres. Eugène Roach a parti le bal avec deux de ses propres chansons, aux accents de country acadien : Y a pas plus belle place sur terre pour un enfant de la mer et Le Grand Nord.
Cet auteur-compositeur-interprète émergent doit bientôt commettre un enregistrement de ses œuvres. Il a ensuite quitté la scène et la musique a pris une tournure plus rock, alors que le batteur Marc Lacharité interprétait trois de ses propres compositions, en commençant par Obedjiewan, qu’il interprète pour la première fois en spectacle.
Le registre de ces compositions est davantage rock que les pièces électroniques et éthérées que l’artiste, sous le pseudonyme Marcojiwan, a mis en ligne sur la plateforme Bandcamp. En spectacle, Marc Lacharité chante ses œuvres tout en s’accompagnant simultanément à la batterie. Pas facile.
À suivre
Le groupe est passé en seconde vitesse lorsque Yves Lécuyer a investi le micro.
Pour qui ne l’avait pas vu performer depuis un temps, on peut dire que Lécuyer s’est désassagi et ensauvagé, plus rock et plus libre tant dans ses œuvres que dans sa présence scénique, triturant sa guitare, s’envolant dans des mélopées. On dirait également que l’auteur a introduit davantage de variété dans son registre.
James Hodson, fidèle comparse d’Yves Lécuyer au sein des Dead Frettes, a déployé grand nombre de soli tout au long du spectacle, stoïque et imperturbable tel un Robert Fripp subarctique. En résumé, un groupe déjà solide, qui devrait légitimement récidiver. Andréanne Simard a clos la première partie avec ses chansons originales Comme une dinde et Frenche-moi. Une interprète très à l’aise sur scène.
Bonnes vibrations
Le trio montréalais formé du selecta Maxime Woule-Cusson et des MC Francis Moreau et Philippe Messier a fait danser la salle tout au long de sa prestation. Au menu, des chansons où anglais et français se côtoyaient et s’interpénétraient, où il était question d’immigration et de société, de Donald Trump et de substances bientôt légales. Dans la pure tradition raggamuffin et avec habileté, Moreau et Messier se sont également amusés à improviser sur le thème des Territoires. Attitude détendue et sympathique, ils chantent régulièrement au beau milieu de l’assemblée, qui a dansé jusqu’au dernier rappel. Vous avez dit festif?
Quelques personnes ont décrié l’acoustique de la salle, qui écrasait le son et était peu propice à saisir les paroles de groupes mettant pourtant l’accent sur le texte. Reste qu’il s’agit d’une salle pertinente en termes de capacité, pas si éloignée du centre-ville, et que la présence d’une cuisine et d’un bar est un bonus attirant des spectateurs.
La directrice générale de l’Association franco-culturelle de Yellowknife, Pascaline Gréau, s’est dite fort satisfaite de la performance des artistes et de l’assistance. « Je n’ai eu que des bons commentaires, de dire Pascaline, les gens ont aimé la soirée, le mix de la première partie. » Elle constate en outre que la composition du public était différente de celle qu’on retrouve habituellement dans les spectacles produits par l’AFCY, avec « des francophones qu’on ne connaissait pas, d’autres qui viennent peu souvent à nos spectacles, des anglophones également. Peut-être à cause du style de musique différent. »
