Le populaire bédéiste Alex A est en visite à Yellowknife cette semaine pour présenter son œuvre
et transmettre à la jeunesse ténoise la passion et l’envie de créer.
Telle une vedette de rock’n’roll, l’auteur, illustrateur et scénariste de bande dessinée, Alex A, a été accueilli à l’aéroport de Yellowknife, lundi soir, par plusieurs dizaines d’élèves qui avaient enfilé leur plus belle tuque et brandissaient des pancartes à l’effigie de l’artiste. « C’est extraordinaire, c’est la première fois qu’on m’accueille comme ça, même mes parents, ne le font pas », s’est-il confié, encore un peu surpris et surtout humble face au succès grandissant de son Agent Jean, des Expériences de Mini-Jean et de son « univers de Ninja ».
Créer, dès la jeunesse.
Outre une séance de dédicace à la bibliothèque municipale de Yellowknife, le dessinateur est surtout là pour animer des ateliers de création auprès des jeunes étudiants francophones de l’école Allain St-Cyr (ÉASC) et de certaines écoles d’immersion. Mercredi 14 février, c’est avec les 7e et 8e année de l’ÉASC que la matinée a commencé. C’est le « meilleur atelier que j’ai jamais donné », a expliqué Alex A, qui se fait une joie d’initier les jeunes aux techniques d’écriture et d’illustration pour la bande dessinée.
« C’est vraiment un bon exercice, les jeunes sont très intéressés et impliqués, ils me demandent de dessiner certaines choses ou des personnages et ensuite ils peuvent voir le dessin prendre forme et évoluer vers son apparence finale », ajoute-t-il, avant de préciser une autre facette de sa relation avec les jeunes. « Je cache des éléments d’histoires dans mes bandes dessinées, un genre d’histoire dans l’histoire. Il arrive que des jeunes formulent des hypothèses quant à celles-ci et parfois elles sont en plein dans le mille. J’aime beaucoup ces échanges. »
La BD dans le sang.
Alex A puise son inspiration un peu partout, mais les influences des jeux vidéo et de l’humour des dessins animés comme Family Guy et Les Simpson marquent ses publications.
« Je n’inclus aucun élément de ma vie personnelle dans mon travail, mais j’ai grandi avec les jeux vidéo et les comics. Je lis aussi beaucoup de livres scientifiques, que ce soit pour les grandes théories futuristes ou les grandes découvertes de l’archéologie. Ça m’aide beaucoup dans la création de mes univers. »
Cet univers qu’il cultive, il le porte en lui depuis longtemps, avant même que « sa mémoire n’embarque », dit-il.
« Apparemment, je dessinais déjà à 2 ans, c’est quelque chose que j’ai toujours fait. »
À 9 ans, il a commencé à rassembler ses dessins pour en faire des BD, l’Agent Jean naquit. En 2011, alors titulaire d’un diplôme d’études collégiales en arts plastiques, il décide de se lancer vers la publication et envoie son projet à plusieurs maisons d’édition.
« Ça s’est passé assez facilement. Je m’attendais à une suite d’échecs desquels j’allais apprendre, mais un éditeur m’a rappelé pour me dire oui, et c’est parti comme ça. »
Aujourd’hui, trois séries interreliées racontent l’histoire de l’Agent Jean et de son univers déjanté et surréel.
Elles font partie des plus grandes ventes de BD au Québec et sont distribuées en Suisse, en Belgique et en France.
Une version anglaise est aussi distribuée au Canada.
