La chute de l’Empire romain d’Occident au Ve siècle marque la fin de l’Antiquité et le début de la période médiévale de l’Histoire occidentale. Elle est caractérisée par la diminution des spectacles théâtraux et la montée de la musique religieuse chrétienne propulsée par les chants monastiques bénédictins. Dans ce contexte, la musique adopte les modes (intervalles commençant avec une note déterminée appelée dominante) élaborées par les Grecs (IVe siècle av. J.–C.) et en ajoute quatre autres : hypodyrien, Hypophrygien, Hypolydien et hypomiolydien.
Lorsqu’au Ve siècle de notre ère, Boethius fixe les noms des notes do, ré, mi, fa, la, si (le sol est ajouté postérieurement), les octaves plus hautes des modes musicales sont nommées en doublant et en triplant les lettres : aa pour l’octave plus haute de a, aaa pour l’octave plus haute de aa, et ainsi de suite.
Les styles du chant ecclésiastique de cette période étaient ambrosiens, sarum, mozarabe, gallican et des rites romains. Le rite romain était étudié et enseigné à la Schola Cantorum et au VIe siècle, il est devenu le style liturgique privilégié et étendu à toute l’Église catholique par le pape Grégoire. Ce style est postérieurement nommé chant grégorien, lequel n’est pas accepté par des églises qui privilégient leur propre style de chants liturgiques.
Entre le VIe et VIIIe siècle, le territoire qui était occupé par l’Empire romain d’Occident est fragmenté en différents royaumes qui sont unifiés par Charlemagne. Carolus Magnus (Charlemagne) descend de la dynastie carolingienne. Il est le roi des Francs et des Lombards que le pape Léon III couronne à titre d’Empereur d’Occident, le 25 de décembre de l’an 800. Parmi les tâches qu’il mandate se trouve la fondation de l’École palatine, dirigée par Alcuin, poète religieux anglais conseiller de Charlemagne. Établissement d’enseignement où étaient étudiés et enseignés le Trivium (grammaire, dialectique, et rhétorique) et le Quadrivium (arithmétique, géométrie, astronomie et musique), disciplines scolaires qui sont considérés comme des arts libéraux.
Cela implique tout un renouveau culturel, qui est connu comme la Renaissance carolingienne, dans le contexte duquel la musique grégorienne devient mandataire pour toutes les églises chrétiennes d’Occident et l’éducation devient la responsabilité des collèges, et postérieurement, des universités, qui se structurent dans la première partie du deuxième millénaire.
L’auteur anime Trésor de la musique classique,
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