le Dimanche 1 mars 2026
le Jeudi 1 mars 2018 16:00 Culture

Sur les planches Le lagopède, son ombre, sa danse

Sur les planches Le lagopède, son ombre, sa danse
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 Quelques marionnettes, des ombres, le noir et blanc qui prédomine : c’est sous le sceau d’un minimalisme magnétique que le Flammèche Théâtre Yellowknife présente un second laboratoire de Vie de lagopèdes.
La créativité du Nord intéresse le reste du pays, mais le coût exorbitant des transports suggère une économie de moyens qui finit par être partie prenante de l’esthétique de la pièce sans pour autant sacrifier de son attrait, selon la Franco-ténoise Natalie Labossière, qui fait l’animation avec sa collègue de Saskatchewan, Sherron Burns.
Lors de la présentation de cette pièce toujours en gestation à l’édifice Bromley de Yellowknife, le 23 février, des nappes montées sur trois tables séparées par des interstices servaient d’écran où s’animaient les ombres chinoises des lagopèdes et d’autres animaux dans un décor de montagnes. Cette division de l’espace scénique suggère un triptyque, des cases de bande dessinée. Dans la seconde partie de la présentation, les comédiennes, vêtues de noir, deviennent visibles alors que l’action se transporte sur le dessus des tables où le lagopède reprend ses trois dimensions et apparaît une marionnette de grande stature représentant un Autochtone.
La facture de la pièce, les percussions de la première partie, confèrent à Vie de lagopèdes un je-ne-sais-quoi d’asiatique. L’économie des moyens n’a pas semblé désemparer le public, adultes et enfants, apparemment séduit par une proposition originale et mystérieuse.
Même dans son état inachevé, affirme le comédien Ben Nind, qui fait partie de la production, Vie de lagopèdes a suscité l’intérêt de plusieurs festivals de marionnettes à travers le Canada; une tournée est en préparation.