La violoniste et chanteuse Andrea Bettger présente ses nouvelles compositions.
Par la musique, affirmait Nietzsche dans Par-delà le bien et la mal, les passions jouissent d’elles-mêmes. Le vieux moustachu crackpot voulait peut-être signifier par là que la musique, plus qu’aucun art, incarne et magnifie les émotions, de la mélancolie à la joie en passant par la colère ou la perplexité.
Elle donne ça, Andrea Bettger dans son premier album Snappy Day, c’est tellement beau, gracieux, que t’as envie d’être joyeux (Hay River Breakup), fou (I dunno) ou triste (Here’s) avec elle. Oui, même triste, et pourtant je t’en passe un papier, la tristesse c’est pas la joie.
On la suit, consentant, dans toutes les atmosphères qu’elle dessine avec sa bande de tricoteux de cordes et de percus plutôt doués. Et on redemande. Parce que les mélodies sont chouettes, parfois toutes simples et répétitives (Old town ramble), comme dans les musiques traditionnelles qu’elle présente, parfois plus circonvolutoires, comme ces mêmes musiques que Bettger métisse d’autres courants. Polka, bossa-nova, jazz, rigodon, valse, ça hybride ferme dans Snappy Day.
Parce que les mélodies sont chouettes donc, oui, mais encore, parce que la dame extrait de son violon un son tout à fait extraordinaire, du genre capable d’adoucir les brutes, un son merveilleux, exceptionnel, envoûtant, et sa voix l’est tout autant (At the end of the day). Et c’est vraiment ce qui est mis de l’avant ici, les guitares, accordéon et piano l’accompagnant sobrement.
Une artiste à suivre, qu’on rêve de voir explorer plus profondément l’avenue plus rock et électrique qu’elle esquisse ici.
