Au Moyen Âge, le territoire européen est divisé en royaumes, structurés autour de châteaux forts pour défendre leurs habitants des attaques d’autres royaumes. Le pouvoir juridique, politique et économique est administré par les seigneurs organisés en différents grades de mobilité (duc, marquis, comte, vicomte, baron) qui, dans un système féodal, possèdent les champs selon la structure de fiefs.
Ils présentent des serments d’allégeance au roi. En France, le Moyen Âge central est régi par la dynastie des Capétiens. Dans ce contexte s’organisent les croisades et les ordres de chevaliers. Ce sont des nobles qui, lors d’une cérémonie d’adoubement, recevaient leur titre et leurs armes. Leur image et l’amour courtois deviennent les sujets préférés des poèmes et chansons encensés par les troubadours et les trouvères. Une image probablement fondée sur le courage pendant les batailles et le serment que le chevalier prononce lors de son adoubement : protéger l’Église catholique, les faibles, les femmes, leur souverain, ne pas mentir et être fidèle à leur parole.
Inspirés par ce contexte où les chevaliers sont des héros et les femmes incarnent la vertu et l’inspiration, les troubadours et les trouvères composent leurs chansons et les présentent dans les banquets que les nobles organisent pour les châtelains et les convives ; et aussi, dans les marchés dans lesquels les paysans vendaient et échangeaient leurs produits.
Dans le royaume des Francs, les troubadours étaient des poètes et des chanteurs itinérants qui se déplaçaient au sud de la Loire. En Occitanie, ils s’exprimaient dans la langue d’oc, une des langues gallo-romaines (gallois) à la racine de la langue française. Leur influence sur le développement de la musique est associée à la musique seigneuriale, dont une des grandes figures est celle de Guillaume VII, compte de Poitiers et duc d’Aquitaine qui, amoureux des femmes et des légendes, est considéré comme un des premiers troubadours.
Pendant que les troubadours se déplacent au sud de la Loire, les trouvères occupent le nord de ce même fleuve, et leurs poèmes et chansons étaient exprimés dans la langue d’oïl, qui est aussi une langue gallo-romaine parlée dans le nord de la France, la Belgique, la Normandie et dans le sud de l’Allemagne. Cette langue se trouve aussi dans les racines de la langue française. C’est dans la tradition des trouvères que la Chanson de Roland voit la lumière. Elle relate le combat fatal du chevalier Roland, célèbre marquis des marches de Bretagne et de ses fidèles preux contre une armée vasconne durant la bataille de Roncevaux en représailles au pillage de Pampelune.
L’auteur anime Trésor de la musique classique,
le dimanche et le mercredi à 21 h sur les ondes de Radio Taïga.
