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le Jeudi 10 mai 2018 12:54 Culture

Sur les ondes Aux origines de la musique XXV

Sur les ondes Aux origines de la musique XXV
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Dans le Moyen Âge central européen, plusieurs évènements sociaux, politiques, philosophiques et scientifiques convergent avec la musique élaborée par des troubadours, trouvères, minnésingers et celle de la faculté de musique de l’Université de Paris dans laquelle se développait l’Ars Antigua. L’équilibre social établi dans le haut Moyen Âge est caractérisé par trois ordres sociaux : le clergé, la noblesse et le tiers État (paysans, artisans et commerçants).

Dans cette période, cet équilibre est bousculé par la montée en flèche de la bourgeoisie composée de commerçants et des artisans, qui prennent plus en plus de pouvoir économique et politique et qui subventionnent des spectacles musicaux où les artistes ne sont pas conditionnés par les morales religieuses ou seigneuriales.

À ce phénomène social s’ajoute le développement des universités en Europe dans lesquelles les savants développent les sciences des mathématiques, de la médecine et l’analyse logique, inspirés par les intellectuels arabes tels qu’Averroès et Avicenne.

Dans le Moyen Âge central, ils adoptent le rationalisme guidé par l’analyse logique qu’Aristote avait formulée dans l’Antiquité grecque, mais que l’Église catholique avait abandonnée en préférant les analyses de Platon. Parmi les universités du Moyen Âge central, l’Université de Paris (dont sa faculté de musique) en adoptant le rationalisme, adopte la lectio (analyse des textes), la quaestio (des questions que le maitre devait défendre) et le disputatio (de joutes verbales) comme méthodes d’étude.Cela est maitrisé par Abelard et par le groupe de clergés itinérants appelés Goliards, qui, en utilisant des chansons et des poèmes, satirisent les paradoxes soulevés par les autorités ecclésiastiques et l’échec des croisades, dont la quatrième croisade organisée à Venise pour aller reprendre Jérusalem entre 1198 et 1204, mais détournée pour attaquer et prendre Constantinople, causant le schisme entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe.

Dans ces circonstances, l’Ars Antigua, qui avait commencé avec les motets élaborés par Pérotin (maitre dans la faculté de musique de l’Université de Paris qui superpose à la ligne mélodique principale deux et trois lignes mélodiques pour créer des œuvres polyphoniques), s’intéresse aux motets et aux rondeaux, dont les lignes mélodiques sont différentes en rythme et introduisent sur la mélodie la plus basse (qui est du chant grégorien en latin) des strophes en langue vernaculaire avec des thèmes non religieux. Aux motets et aux rondeaux, Adam de la Halle, vers 1286, ajoute les jeux partis (dialogues chantés) et parmi d’autres œuvres, crée le Jeu de Robin et Marion et le jeu de la feuille, qui sont des œuvres théâtrales musicales considérées comme la renaissance de la pantomime romaine et la naissance de l’opéra-comique.

L’auteur anime Trésor de la musique classique,
le dimanche et le mercredi à 21 h sur les ondes de Radio Taïga.