le Dimanche 1 mars 2026
le Jeudi 31 mai 2018 19:11 Culture

Aux origines de la musique XXVIII

Aux origines de la musique XXVIII
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 Pendant que Guillaume de Machaut charme son audience avec des ballades, des virelais, des rondeaux et des motets en utilisant la notation musicale avec plusieurs lignes mélodiques et en interchangeant les voix et les rythmes chantés en latin et en langue d’oïl à la cathédrale de Reims du royaume de France, un autre représentant des Ars Nova, Francesco Landini, luit dans la scène de la musique académique de l’Europe à partir de Florence. Il est aussi appelé Francesco de Firenze parce qu’il était de Florence; Francesco Degli orgahani parce qu’il était l’organiste de la basilique San Lorenzo de Florence; et Francesco il cieco parce qu’il était aveugle. L’importance de ce compositeur relève de trois facteurs : de la ville de Florence comme centre économique et culturel; des poètes Dante Alighieri, Giovanni Boccaccio, Francisco Pétrarque, et de sa propre personne.

Au XIVe siècle (le Quattrocento), l’Italie est divisée en cinq régions politiques, gouvernées indépendamment : les États pontificaux, Naples, Milan, Venise et Florence. Florence est la capitale de la République florentine gouvernée par des représentants élus par des guildes, des marchands et des artisans. Cette ville devient puissante grâce au commerce et à ses banques qui créent le florin (leur monnaie), qui assit son pouvoir financier en Europe. Dans cette brillance économique (qui pâlit par une crise en Europe et par la peste noire), la littérature poétique fleurit en langue florentine. Après que Dante Alighieri compose son poème La Divine Comédie, Giovanni Boccaccio écrit le Décaméron, et Francesco Pétrarque, le Canzoniere. Ces trois œuvres écrites en langue vernaculaire et non en latin ecclésiastique ou universitaire inspirent les arts du quattrocento, contexte dans lequel Francesco Landini, aveugle depuis son enfance, rayonne comme compositeur et musicien à la la basilique San Lorenzo. Il joue de l’orgue, de l’organetto (orgue portatif), de la flute et du rebec. Il écrit des centaines des ballades, madrigaux, chansons et caccias et excelle dans l’écriture des poèmes en latin et en langue florentine.

Francesco Landini et Guillaume de Machaut sont les plus grands compositeurs de l’Ars nova.
Vers la fin du XIVe siècle, la polyphonie reprend son essor en France, à Paris et à Avignon et représentée par quatre manuscrits : Codex Chantilly, Codex Reina, Codex Modena et le Codex Faenza, dans lesquels on retrouve des compositions de cette période qui propulse l’émergence de l’école franco-flamande.

L’auteur anime Trésor de la musique classique,
le dimanche et le mercredi à 21 h sur les ondes de Radio Taïga.