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le Jeudi 28 juin 2018 15:48 Culture

Aux origines de la musique XXXII

Aux origines de la musique XXXII
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L’École bourguignonne de musique fleurit avec les travaux de Guillaume Dufay et Gilles Binchois, mais est soutenue par les compositions de plusieurs autres musiciens établis dans les territoires de Philippe le Bon; tel qu’Antoine Busnois, Arnold de Lantins, Johannes Brassart, Johannes Ciconia, Johannes Legrant, Hugo de Lantins.

La qualité de leurs compositions et leur contribution au développement de la musique polyphonique deviennent le fondement de l’École franco-flamande, école de musique qui devient le phare théorique du développement de la musique aux XVe et XVIe siècles.

Le contexte historique dans lequel se développe l’École bourguignonne est caractérisé par la fin de la guerre de Cent Ans. L’Église catholique se stabilise autour d’un pape qui la dirige à partir de Rome, mais son pouvoir est limité à son clergé et aux moines, tandis que le pouvoir politique et les taxes sont régis par les rois et les seigneurs. Les cathédrales européennes continuent à être des centres de développement de la musique savante, mais les universités deviennent de plus en plus indépendantes et les facultés de musique se dissocient de plus en plus de l’Église catholique. Alors que Philippe le Bon devient mécène des arts et de la musique franco-flamande, deux banquiers deviennent mécènes de projets qui vont influencer le développement des arts et des sciences en Europe : Cosme de Medicis, qui agit à Florence, et Johan Fust, qui agit au Saint-Empire romain germanique, subventionnant les recherches de Johannes Gutenberg et Peter Schöffer dans l’imprimerie qui utilise des caractères métalliques mobiles. Cette invention va propulser la copie des écrits musicaux qui étaient auparavant copiés dans des monastères catholiques.

La prochaine étape du développement de l’École franco-flamande a comme principal représentant Johannes Ockeghem qui est probablement l’élève de Gilles Binchois. Chantre à la chapelle d’Anvers, il sert comme professeur de musique au duc de Bourbon, et aux rois français Charles VII, Louis XI, et Charles III. Admiré par ses contemporains, il contribue au développement de la musique vocale polyphonique avec plusieurs compositions dans les genres musicaux de messes, motets, chansons et canons (genre musical proche du contrepoint, écrit pour plusieurs voix chantant la même mélodie, mais qui décale les notes musicales des voix).

L’auteur anime Trésor de la musique classique,
le dimanche et le mercredi à 21 h sur les ondes de Radio Taïga.