Des cabanes, des hôtels, des églises et des bâtiments industriels, c’est le territoire bâti tel que perçu par le dessinateur et graveur Christopher Robson qui est au cœur de la rétrospective que lui consacre le Centre du patrimoine septentrional Prince-de-Galles.
Empreintes d’une époque est présentée jusqu’au 30 novembre 2018.
De Hay River à Inuvik en passant par Fort Simpson et Yellowknife, l’expo, — mais peut-être n’est-ce que projection — suggère les souvenirs récoltés par un flâneur au fil de ses balades, un flâneur aux gouts esthétiques un peu singuliers, qui dédaigne le noble, le sens conventionnel du beau, pour lui préférer le décrépit, le bancal, l’abandonné, l’utilitaire, le prolétaire. C’est cette ancienne cimenterie de Hay River, ce pont, cette grange. Et nombre d’hôtels, qui furent, dit Christopher Robson, « des places de travailleurs emblématiques des boums économiques des TNO et font partie de son histoire ».
Gravure et dessin
Installé à Hay River depuis 1981, l’artiste est originaire de Vancouver et a obtenu un diplôme en dessin et en gravure en relief du Emily Carr College of Art. La gravure sur bois occupe une place de prédilection dans l’exposition, qui comprend des pièces créées dans les années 1980 jusqu’à aujourd’hui. Ces gravures, même si la perspective y est parfois sciemment avortée et que les personnages y confèrent un certain humour, sont dotées d’un aspect plus historique et photographique que les dessins.
« Avec la gravure sur bois, dit Christopher Robson, je peux avoir différents tons. J’utilise le grain du bois un peu comme un pinceau, comme aussi la lame et le ciseau, pour créer des textures. La qualité du temps [le caractère ancien des gravures] vient du grain du bois, ça crée une illusion d’âge. »
Ses dessins, qui utilisent l’encre et parfois les crayons de couleur, sont d’une facture qui se rapproche d’un certain art naïf, comme ses bandes dessinées. M. Robson est l’auteur de Strange adventures of Mister Normal, un roman graphique publié à compte d’auteur en 2015, très peu diffusé, et dont il travaille une version augmentée. « C’est plus du commentaire social que mon expo, et ce n’est pas représentatif du Nord », dit-il, ajoutant qu’on trouve plus de liberté dans son dessin que dans ses gravures, et que les idées y bougent de manière plus fluide.
M. Robson n’a jamais vu rassemblées toutes les pièces présentées dans l’exposition grâce au soutien du Conseil des arts des TNO. L’expo pourrait plus tard être transportée ailleurs au Canada.
