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le Jeudi 13 septembre 2018 20:26 Culture

Contenu original télé Le CRTC hausse de 4 % les fonds pour les productions hors Québec

Contenu original télé Le CRTC hausse de 4 % les fonds pour les productions hors Québec
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Dès 2013, et en prévision du renouvèlement de la licence de TV5/Unis jusqu’en 2023, des tractations ont eu lieu pour augmenter la part des dépenses publiques consacrées à la production télévisuelle hors Québec.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) augmentera de 36 à 40 % le seuil minimal de dépenses en émissions originales canadiennes produites en français en milieu minoritaire à partir de 2020.
 C’est une augmentation par rapport à la dernière licence, note la directrice générale de l’Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC) Carol Ann Pilon, et cela se traduira en une hausse du nombre de projets et/ou des budgets de production. »

Cette nouvelle mesure du CRTC est le résultat de tractations de groupes de médias et des pressions de l’Alliance des producteurs francophones du Canada en faveur d’une augmentation des investissements hors Québec.
« Bien que nous aurions souhaité que ce pourcentage soit établi à 50 % », souligne le président de l’Alliance, Jean-Claude Bellefeuille, « la reconnaissance du CRTC d’accélérer la cadence de l’élan donné aux producteurs des communautés francophones depuis 2013 est encourageante. »

Les nouvelles exigences fédérales constituent une bonne nouvelle pour la majorité des 24 membres de l’Alliance qui œuvrent dans la production télévisuelle.


Un délai de 18 à 24 mois entre la commande et la diffusion

L’organisme estime que cette croissance, à laquelle s’est opposée l’Alliance québécoise de la production médiatique, va renforcer « la place et le rôle de la francophonie canadienne » dans la production de contenu original canadien. La décision finale du CRTC assurera « un meilleur reflet des régions et de l’ensemble de la francophonie canadienne ».

La décision d’augmenter le seuil minimal de dépenses a été rendue dans le cadre du renouvèlement de la licence nationale et de l’ordonnance de distribution obligatoire de TV5/Unis jusqu’en 2023. « L’impact en termes de dollars est difficile à dire, car les chiffres fournis par TV5 sont difficiles à décortiquer », précise Carol Ann Pilon de l’APFC.
Dans sa décision, le CRTC a tenu compte de la capacité de TV5/Unis de s’adapter au seuil de 40 %. La chaine a fait valoir que la mesure ne pouvait être mise en œuvre avant 2020, compte tenu du délai de 18 à 24 mois entre la planification des émissions et leur diffusion.

Le CRTC reconnait que « TV5/Unis est apprécié par la population canadienne » et joue un rôle critique dans l’épanouissement des minorités francophones en appuyant « leur développement et leur reflet à l’écran », dans le respect de la Loi sur les langues officielles.


Peu d’émissions locales à part des nouvelles de TFO et de SRC
« À part TFO et les stations de télévision et services facultatifs de la SRC, dont la programmation locale consiste principalement en de nouvelles locales, note le CRTC, il existe très peu de programmation représentant les communautés de langue officielle en situation minoritaire à l’écran. »

La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) s’est réjouie du renouvèlement de l’ordonnance de cinq ans « qui oblige les câblodistributeurs et les entreprises de télévision par satellite à distribuer TV5 et Unis au service de base ». Le tarif mensuel de 28 cents par abonné est fixé jusqu’au 31 aout 2023.

Parce que le nombre d’abonnés à la télé est en diminution, rappelle le président Jean Johnson, « les revenus d’abonnement vont baisser au cours des prochaines années. Notre souci, c’est d’assurer que ça ne provoque pas une érosion des investissements de TV5/Unis dans les talents de nos communautés. »